Ressources · Financiers et mécènes

Jacob van Meteren

Marchand et imprimeur d'Anvers, Jacob (Jacobus) van Meteren aurait payé la traduction de Miles Coverdale et l'impression de la Bible de Coverdale (1535), première Bible anglaise complète imprimée.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Cette fiche porte sur le rôle de van Meteren dans la transmission de la Bible, non sur sa personne.

En bref

Marchand et imprimeur d’Anvers, Jacob (Jacobus) van Meteren aurait payé la traduction de Miles Coverdale et l’impression de la Bible de Coverdale (1535), première Bible anglaise complète imprimée. Le témoignage vient de son fils Emanuel, né en 1535 : il est donc indirect. Des recherches récentes le rendent plausible, sans en faire une certitude.

Provenance et confession

Né à Breda, en 1519 selon les notices courantes (date difficile à concilier avec le financement d’une Bible en 1535, quand il aurait eu seize ans : à vérifier), dans les Pays-Bas des Habsbourg, il s’établit à Anvers, grand marché du livre et refuge des imprimeurs anglais protestants. Langue néerlandaise, milieu marchand ; sa famille est liée aux Ortels (Leonard Ortels, père d’Abraham Ortelius). Son fils le décrit comme un « promoteur de la religion réformée ». Vers 1550, il emmène sa famille en Angleterre ; il meurt en 1555 (circonstances à vérifier). Sa nièce Adriana de Weyden épouse en 1537 John Rogers, l’éditeur de la Bible de Matthew. Aucune formation, ordination ni appartenance à un cercle n’est documentée.

Vie

Faits documentés. La Bible de Coverdale s’achève d’imprimer le 4 octobre 1535 ; les historiens la donnent aujourd’hui, avec une forte probabilité, à l’atelier anversois de Merten de Keyser. En 1609, Emanuel van Meteren, consul des marchands néerlandais à Londres, signe une déposition (publiée par W. J. C. Moens en 1884) disant que son père, à Anvers, avait fait traduire la Bible en anglais par Coverdale et l’avait fait imprimer. La vie d’Emanuel par Simeon Ruytinck, jointe à son Histoire des Pays-Bas (1614), dit de même.

Interprétation. W. Aldis Wright doutait du témoignage : Emanuel, né en 1535, ne parlait que par ouï-dire et pouvait penser à une autre Bible (Matthew ou une réédition). Guido Latré (1997) a rapproché la déposition de l’impression de 1535 et rendu l’attribution vraisemblable ; selon une notice de Sotheby’s (vente de la collection Ryrie, 2016), le bibliographe Peter W. M. Blayney juge au contraire l’argument anversois de Latré « purement anecdotique » (ouvrage précis à vérifier), et Darlow et Moule proposaient Zurich comme lieu d’impression. On ignore s’il fut le seul bailleur : Leonard Ortels est parfois nommé comme associé.

Ce qu’il a financé

BénéficiaireMontantDateSourceNiveau de preuve
Miles Coverdale : travail de traductioninconnuvers 1534-1535Déposition d’Emanuel van Meteren, 1609Allégué (par son fils), plausible
Bible de Coverdale : impression à Anversinconnu1535Déposition de 1609 ; Ruytinck, 1614 ; Latré, 1997Allégué, en partie confirmé par l’enquête bibliographique
Bible de Matthew (1537) et un Nouveau Testament de Tyndale (1535)inconnu1535-1537hypothèses de bibliographesNon démontré, à vérifier

Influence sur la Bible

S’il a bien payé Coverdale, il a rendu possible la première Bible anglaise complète, dont le texte (fondé en partie sur Tyndale, et pour le reste sur le latin et l’allemand) a été repris dans la Bible de Matthew puis dans la Grande Bible. Il n’a pas lui-même touché au texte.

Signaux d’alerte

Aucun signal documenté. Le financement d’une Bible par un marchand étranger relevait de la clandestinité imposée par la persécution, non d’un intérêt caché : l’origine des fonds est connue dans ses grandes lignes. Le seul point qui mérite une enquête est bibliographique : relire la déposition de 1609 et les travaux de Latré pour établir ce que van Meteren a exactement payé.

Pourquoi cette note

Rôle probablement décisif, motivé par la foi réformée selon son fils, sans aucune action sur le texte. La réserve tient à la preuve : un témoignage familial tardif, en partie confirmé seulement. D’où 4/5, à revoir si de nouvelles pièces paraissent.

Voir aussi

Sources

  • Déposition d’Emanuel van Meteren, 28 mai 1609, publiée dans W. J. C. Moens, The Marriage, Baptismal and Burial Registers of the Dutch Reformed Church, Austin Friars, London, 1884.
  • Simeon Ruytinck, vie d’Emanuel van Meteren, jointe à Nederlandtsche Historie, 1614.
  • Guido Latré, « The Place of Printing of the Coverdale Bible », Tyndale Society Journal 8, 1997 ; et « The 1535 Coverdale Bible and its Antwerp Origins », dans O. O’Sullivan (dir.), The Bible as Book: The Reformation, British Library, 2000, p. 89-102.
  • Sotheby’s, Bible Collection of Charles Caldwell Ryrie, New York, 2016, lot 46 (notice sur la Bible de Coverdale, rapportant la critique de Peter W. M. Blayney).
  • W. Aldis Wright, cité par Wikipédia (anglais), « Jacobus van Meteren » : la Bible visée serait celle de Matthew (1537) ou la Grande Bible (1539) (référence exacte à vérifier).
  • David Daniell, The Bible in English, Yale University Press, 2003.