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Lancelot Andrewes

Évêque et prédicateur de la cour, Andrewes a dirigé la première compagnie de Westminster, chargée de traduire de la Genèse à 2 Rois pour la King James 1611. On lui prête la connaissance d'une quinzaine de langues.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

En bref

Évêque et prédicateur de la cour, Andrewes a dirigé la première compagnie de Westminster, chargée de traduire de la Genèse à 2 Rois pour la King James 1611. On lui prête la connaissance d’une quinzaine de langues. Homme de prière et d’étude, il a aussi été un courtisan au service de Jacques Ier, ce qui l’a mêlé à des affaires peu honorables.

Provenance et confession

Lancelot Andrewes naît en 1555 à Londres, dans la paroisse d’All Hallows Barking ; son père, Thomas, est un marin devenu marchand et maître de Trinity House, la corporation des pilotes. Sa langue est l’anglais ; on lui prête la maîtrise d’une quinzaine de langues, dont l’hébreu, le grec, l’araméen et le syriaque. Il étudie à la Merchant Taylors’ School, puis à Pembroke Hall, Cambridge, dont il devient fellow puis maître (1589). Ordonné en 1580, il fait toute sa carrière dans l’Église d’Angleterre, sans changement de confession, dans le courant qui insiste sur la liturgie, l’épiscopat et les Pères. Il est chapelain d’Élisabeth Ire, puis évêque sous Jacques Ier. Son appartenance à la Société des antiquaires élisabéthaine est parfois mentionnée, mais elle n’est pas vérifiée ici.

Vie

  • Né en 1555 à Londres (Barking), fils d’un marchand. Études à la Merchant Taylors’ School, puis à Pembroke Hall, Cambridge, dont il devient maître (1589).
  • Chapelain d’Élisabeth Ire ; doyen de Westminster (1601).
  • 1604 : il prend part à la conférence de Hampton Court, où Jacques Ier accepte la proposition puritaine (John Reynolds) d’une nouvelle traduction.
  • Évêque de Chichester (1605), d’Ely (1609), de Winchester (1619). Doyen de la Chapelle royale.
  • Tortura Torti (1609) et Responsio ad apologiam cardinalis Bellarmini (1610), réponses au cardinal Robert Bellarmin sur le serment d’allégeance.
  • 1613 : il vote en faveur de l’annulation du mariage de Frances Howard et du comte d’Essex, voulue par le roi pour permettre à Frances d’épouser le favori Robert Carr ; décision très critiquée, suivie du scandale du meurtre de Thomas Overbury.
  • Il meurt le 25 septembre 1626. Ses Preces privatae (prières personnelles, en grec et en latin) et ses XCVI Sermons (1629) sont publiés après sa mort.

Influence sur la Bible et la doctrine

Faits documentés.

  • Six compagnies (deux à Westminster, deux à Oxford, deux à Cambridge) se partagent la traduction selon les quinze règles de Richard Bancroft (1604). Andrewes dirige la première compagnie de Westminster : Genèse à 2 Rois.
  • Les règles imposent de partir de la Bishops’ Bible et de consulter Tyndale, Matthew, Coverdale, la Grande Bible et Genève ; de garder les « anciens mots ecclésiastiques » (church et non congregation) ; et de ne mettre en marge que des explications de mots hébreux ou grecs, sans notes doctrinales, contrairement à la Bible de Genève anglaise.
  • Ses sermons montrent une exégèse fondée sur les langues originales, mot par mot, avec une grande attention aux Pères de l’Église.
  • On ne peut pas attribuer avec certitude tel verset de la King James à Andrewes personnellement ; les notes de John Bois sur la révision générale (1610-1611) montrent un travail collectif (à vérifier pour sa présence au comité final).

Interprétation. La King James doit beaucoup à des hommes comme Andrewes : science des langues et sens de la langue anglaise. Mais Andrewes était aussi le représentant le plus brillant de l’aile haute de l’Église d’Angleterre, attachée aux évêques, à la liturgie et à l’autorité royale, celle qui a voulu que la nouvelle Bible élimine les notes calvinistes de Genève et garde le vocabulaire ecclésiastique (church, bishop, charity) que William Tyndale avait écarté. Le projet avait aussi un but politique : une Bible sans notes qui contestent l’autorité des rois.

Financement et réseaux

  • Documenté : les traducteurs de la King James ne furent pas payés directement par la Couronne ; Jacques Ier demanda aux évêques de leur procurer des bénéfices ecclésiastiques. Andrewes cumulait des charges lucratives (évêchés successifs). Le libraire Robert Barker, imprimeur du roi, finança l’impression (environ 3 500 livres selon les estimations à vérifier).
  • Allégué : des auteurs ont prétendu que Jacques Ier ou Francis Bacon auraient secrètement réécrit la King James (allégation rosicrucienne ou maçonnique sans fondement).
  • Non démontré : aucun financement extérieur de son travail de traduction.

Signaux d’alerte

  • 7. Pouvoir politique servi (documenté) : il vote l’annulation du mariage d’Essex voulue par le roi (1613) et défend le serment d’allégeance de Jacques Ier contre Bellarmin (Tortura Torti, 1609), en soutenant l’autorité divine du roi.

Conclusion : ce signal décrit un évêque de cour, ce qu’il était ouvertement ; rien n’indique qu’il ait modifié le texte de la King James au service du roi (les règles de 1604, qui interdisent les notes, viennent de Bancroft et du roi, non de lui). Les théories d’une réécriture secrète par Bacon ou des rosicruciens concernent la King James et n’ont aucune base documentaire. Rien de suspect.

Pourquoi cette note

Quatre étoiles : science réelle des langues, travail fidèle sur le Pentateuque et les livres historiques de la King James, piété profonde. Réserves : courtisan soumis au roi (affaire Essex) et participant d’un projet en partie politique (une Bible sans notes contraires à l’autorité royale).

Voir aussi

Sources

  • Paul A. Welsby, Lancelot Andrewes, 1555-1626, Londres, SPCK, 1958.
  • Adam Nicolson, God’s Secretaries: The Making of the King James Bible, New York, HarperCollins, 2003.
  • David Norton, The King James Bible: A Short History from Tyndale to Today, Cambridge, 2011.
  • Gordon Campbell, Bible: The Story of the King James Version 1611-2011, Oxford, 2010.
  • Ward Allen, Translating for King James: Notes Made by a Translator of King James’s Bible, Nashville, 1969 (notes de John Bois).
  • Peter McCullough, notice « Andrewes, Lancelot », Oxford Dictionary of National Biography, 2004.