Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.
En bref
Le plus grand évangéliste américain du XIXe siècle. Moody n’était pas théologien et n’a pas bâti de système, mais il a adopté le prémillénarisme des Frères et a donné aux dispensationalistes ses tribunes : conférences de Northfield, Moody Bible Institute, réseau de pasteurs. Cyrus Ingerson Scofield a été l’un de ses protégés.
Provenance et confession
Moody naît en 1837 à Northfield (Massachusetts), sixième enfant d’une famille rurale pauvre ; son père, Edwin Moody, maçon, meurt en 1841, laissant la mère, Betsey Holton, seule avec neuf enfants. La famille fréquente l’Église unitarienne de Northfield, où il est baptisé. Il quitte l’école vers treize ans et n’a aucune formation supérieure ni théologique. Commis dans le magasin de chaussures de son oncle à Boston, il se convertit en 1855 sous l’influence de son moniteur d’école du dimanche, Edward Kimball, et entre à l’Église congrégationaliste de Mount Vernon. Il n’a jamais été ordonné : il refusait le titre de « Reverend ». Son appartenance documentée la plus importante est la YMCA de Chicago, dont il fut un dirigeant. Aucune appartenance à une loge n’est documentée.
Vie
Faits documentés. Né à Northfield (Massachusetts) le 5 février 1837, vendeur de chaussures à Boston puis à Chicago, converti en 1855, il se consacre dès 1860 à l’école du dimanche et à la YMCA de Chicago. Sa grande campagne en Grande-Bretagne (1873-1875) avec le chanteur Ira Sankey le rend célèbre ; suivent les campagnes de Brooklyn, Philadelphie, New York, Chicago, Boston (1875-1877). Il fonde les écoles de Northfield (1879, 1881), les conférences bibliques de Northfield (1880) et la Chicago Evangelization Society (1886), devenue le Moody Bible Institute. Il meurt à Northfield le 22 décembre 1899.
Influence sur la Bible et la doctrine
- Prémillénarisme. Moody adopte le retour imminent du Christ, notamment au contact du prédicateur des Frères Henry Moorhouse (1867-1868) et des cercles de Brookes. Sa formule souvent citée : il voyait le monde comme un navire en perdition dont Dieu lui demandait de sauver le plus de passagers possible. Cette vue de l’histoire est caractéristique du prémillénarisme de son époque ; les postmillénaristes, alors majoritaires, attendaient au contraire un progrès du monde christianisé.
- Tribunes. Northfield accueille James H. Brookes, Arno C. Gaebelein, Cyrus Ingerson Scofield (pasteur de l’église de Northfield de 1895 à 1902) et les orateurs des Conférences prophétiques de Niagara.
- Moody Bible Institute et Moody Press. Après sa mort, l’institut devient l’un des grands centres du dispensationalisme et de la diffusion de la Bible Scofield.
- Ce qu’il faut reconnaître. Moody prêchait la Bible simplement, appelait à la conversion, et n’a pas imposé de notes au texte ; il a aussi accueilli à Northfield des orateurs de tendances diverses.
Financement et réseaux
- Documenté : ses œuvres ont été soutenues par des hommes d’affaires évangéliques : John V. Farwell (commerce de gros à Chicago), Cyrus McCormick et sa veuve Nettie Fowler McCormick (machines agricoles), John Wanamaker (grands magasins, Philadelphie). Ses campagnes étaient organisées par des comités de notables locaux. Les droits d’auteur des recueils de cantiques Gospel Hymns (Moody et Sankey) ont financé les écoles de Northfield, Moody refusant d’en tirer un revenu personnel.
- Allégué : on cite parfois J. Pierpont Morgan et William E. Dodge parmi les soutiens de la campagne de New York (1876) (à vérifier) ; des sites présentent Moody comme un instrument de la finance. Rien de sérieux ne le montre.
- Non démontré : aucun lien avec les Rothschild ; aucun versement de la famille Rockefeller à Moody n’est connu.
Signaux d’alerte
- 6. Ascension inexpliquée : non retenu. Moody n’avait ni formation ni ordination, mais son autorité vient d’un ministère public reconnu par les Églises et les foules, sans titre usurpé (il refusait celui de « Reverend »).
- 2. Argent opaque : non retenu. Ses soutiens (Farwell, McCormick, Wanamaker) sont connus et nommés, et les droits des cantiques ont été versés aux écoles.
Aucun signal documenté. Rien de suspect : un laïc dont les appuis financiers étaient publics.
Pourquoi cette note
Critères neutres. Texte : Moody n’a ni traduit ni annoté la Bible ; il a poussé des millions de gens à la lire et fondé des écoles pour l’enseigner. Honnêteté : aucune affaire documentée ; il a refusé de s’enrichir des Gospel Hymns. Indépendance : mécènes connus, sans contrepartie démontrée. Transparence : il prêchait simplement, sans présenter d’interprétation comme le texte. Réserve : ses institutions (Northfield, Moody Bible Institute) ont aussi été le tremplin de la Scofield Reference Bible, dont les notes posent un problème de transparence (voir Cyrus Ingerson Scofield). Son prémillénarisme est une lecture et n’entre pas dans la note. 4/5.
Voir aussi
- James H. Brookes · Cyrus Ingerson Scofield · William Eugene Blackstone · Arno C. Gaebelein · John Nelson Darby
- Dispensationalisme · Conférences prophétiques de Niagara · Les Frères de Plymouth · Financements - documenté et allégué
Sources
- William R. Moody, The Life of Dwight L. Moody, 1900.
- James F. Findlay Jr., Dwight L. Moody: American Evangelist, 1837-1899, 1969.
- Lyle W. Dorsett, A Passion for Souls: The Life of D. L. Moody, 1997.
- Timothy P. Weber, Living in the Shadow of the Second Coming, 1979 ; On the Road to Armageddon, 2004.