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Moses Stuart

Bibliste américain d'Andover, « père des études exégétiques » aux États-Unis ; son commentaire de l'Apocalypse (1845) date le livre du règne de Néron (entre 64 et juin 68) et lit ses visions comme la chute de Jérusalem puis celle de Néron et de la Rome païenne.

En bref

Moses Stuart est le bibliste le plus influent de l’Amérique du début du XIXe siècle, professeur au séminaire d’Andover, qui a fait connaître l’exégèse allemande aux États-Unis. Son Commentary on the Apocalypse (1845) lit une grande partie de l’Apocalypse comme accomplie dans la chute de Jérusalem et dans celle de la Rome païenne. Il est l’un des premiers grands représentants américains d’une lecture prétériste de l’Apocalypse.

Parcours

  • Né en 1780 à Wilton (Connecticut), mort en 1852.
  • Diplômé de Yale en 1799 avec les plus grands honneurs, admis au barreau du Connecticut en 1802, puis tuteur à Yale.
  • Pasteur de la Centre Church de New Haven à partir de 1806.
  • Professeur de littérature sacrée au Andover Theological Seminary de 1810 à 1848. Il apprend seul l’allemand et s’appuie sur l’érudition allemande en herméneutique et en philologie ; sa grammaire hébraïque paraît en 1813.
  • Membre de l’American Academy of Arts and Sciences (1815) et de l’American Philosophical Society (1824). Sur environ 1 500 étudiants, plus de 100 deviennent missionnaires.

Position eschatologique

  • École : classique.
  • Parousie : future. Dans son commentaire, il écrit que le Christ demeure au ciel « jusqu’à ce qu’il fasse sa descente au jour du jugement final » (il renvoie à 1 Th 4:16, 2 Th 1:7 et Ac 1:11 ; vol. 2, Exc. VI, p. 480). Il applique pourtant la venue de Mt 24:30-31, accompagnée des anges, à la destruction de Jérusalem, et la distingue de celle du jugement final (vol. 2, Exc. I sur l’angélologie, p. 399).
  • Résurrection : future et corporelle. Ap 20:4-6 annonce une première résurrection, celle des martyrs, au début du millénium ; la seconde sera « générale » et n’aura lieu « qu’après la fin du monde ». Les deux diffèrent par l’ordre et l’étendue, non par la nature (vol. 2, p. 357 et Exc. VI, p. 475-476). Il refuse un règne visible et terrestre du Christ pendant le millénium (Exc. VI).
  • Jugement : l’Apocalypse décrit des jugements sur Jérusalem puis sur Rome païenne. Babylone est la Rome païenne.
  • Millénium (Ap 20) : à venir.
  • Date de l’Apocalypse : sous le règne de Néron, entre 64 et juin 68 (Enoch Pond, dans son compte rendu, résume : vers 68).
  • Ce qui le distingue : le plan qu’il donne à l’Apocalypse, en trois catastrophes : la chute de Jérusalem (ch. 6-11), la chute de Néron et finalement de la Rome païenne (ch. 12-19), puis la suite.

Ouvrages principaux

  • Hints on the Interpretation of Prophecy (1842) : réponse aux thèses de George Duffield sur la seconde venue (millénarisme littéral).
  • A Commentary on the Apocalypse (Andover, Allen, Morrill and Wardwell, 1845, 2 vol. : introduction et commentaire).
  • Commentaires sur les Hébreux, les Romains, Daniel, l’Ecclésiaste et les Proverbes ; grammaire hébraïque.

Arguments caractéristiques

  • L’Apocalypse vise des événements proches de son auteur : la chute de Jérusalem et la persécution par la Rome païenne.
  • Méthode philologique et historique, inspirée de l’exégèse allemande.

Débats et critiques

  • C. H. Spurgeon le range parmi les commentateurs qui voient la plupart des prophéties accomplies dans la destruction de Jérusalem et la chute de la Rome païenne.
  • Enoch Pond (1871) juge ce commentaire le moins précieux des commentaires de Stuart et estime que son plan, venu d’Allemagne, repose sur une prémisse fausse.
  • Hors eschatologie : lettre au Dr Channing sur la liberté religieuse (1830), dans le débat avec les unitariens ; Conscience and the Constitution (1850), où il soutient que la Bible permet l’esclavage tout en jugeant moralement mauvais l’esclavage pratiqué aux États-Unis et en appelant à une émancipation volontaire.

À vérifier

  • Réglé le 2026-10-28 : sa position sur la seconde venue finale et la résurrection (descente du Christ au jugement final ; résurrection générale à la fin du monde ; le millénium est à venir).
  • Sa lecture d’ensemble du discours sur le mont des Oliviers (Mt 24), au-delà de Mt 24:30-31, qu’il applique à la destruction de Jérusalem.
  • Réglé le 2026-10-28 : la date qu’il retient pour l’Apocalypse (règne de Néron, entre 64 et juin 68).

Voir aussi

Sources