En bref
En 66, sous le procurateur Gessius Florus, la Judée se soulève contre Rome. Le légat de Syrie, Cestius Gallus, échoue devant Jérusalem et perd une partie de son armée à Beth-Horon (novembre 66). Néron envoie Vespasien, qui soumet la Galilée (67) puis la plus grande partie du pays. La mort de Néron (juin 68) et la guerre civile de 68-69 suspendent la campagne ; Vespasien, proclamé empereur en 69, confie la fin de la guerre à son fils Titus. Le siège commence à la Pâque de 70 ; le Temple est incendié le 10 du mois Loüs (Ab), la ville haute tombe le 8 Gorpiaeus (Éloul), en septembre. La ville est rasée, sauf trois tours et une partie du mur ouest. Les dernières forteresses tombent ensuite, Massada en dernier (73 ou 74).
Pour les prétéristes, cet événement accomplit ce que Jésus annonce en Mt 24, Mc 13 et Lc 21, et, pour beaucoup, une grande partie de l’Apocalypse : c’est le premier temps de la thèse de Vox Veritas. Voir Matthieu 24.34, Daniel 9.24-27, Apocalypse 1.1-3, Prétérisme partiel et Prétérisme complet.
Chronologie
Les mois de Josèphe sont macédoniens ; il les fait correspondre aux mois juifs (Xanthicus = Nisan, Artemisius = Iyar, Panemus = Tammouz, Loüs = Ab, Gorpiaeus = Éloul, Hyperberetaeus = Tishri, Dius = Marheshvan, Apellaeus = Kislev). Les équivalences dans le calendrier julien sont approximatives (voir « À vérifier »). Références : Guerre des Juifs (BJ), livre, chapitre et section de Whiston, puis paragraphe (§) de Niese.
| Date | Événement | Source |
|---|---|---|
| 64-66 | Gessius Florus, procurateur, pille la province ; Josèphe le rend responsable de la guerre | BJ II, 14, 2 (§ 277-279) |
| Artemisius (Iyar) 66 | Querelle de la synagogue de Césarée ; « la guerre commença » la 12e année de Néron | BJ II, 14, 4 (§ 284) |
| 66 | Florus prend 17 talents du trésor du Temple | BJ II, 14, 6 (§ 293) |
| 16 Artemisius 66 | Florus livre le marché d’en haut à ses soldats : environ 3 630 morts, femmes et enfants compris | BJ II, 14, 9 (§ 305-308) ; II, 15, 2 (§ 315) |
| été 66 | Des insurgés prennent Massada ; Éléazar, fils du grand prêtre Ananias, fait cesser les sacrifices offerts pour l’empereur, acte que Josèphe tient pour le début de la guerre | BJ II, 17, 2 (§ 408-410) |
| 66 | Les Juifs attaquent des villes grecques de la région, dont Pella | BJ II, 18, 1 (§ 458) |
| 30 Hyperberetaeus 66 | Cestius Gallus, campé au Scopus, entre dans la ville ; il attaque en vain le mur du Temple pendant cinq jours | BJ II, 19, 4-5 (§ 527-537) |
| automne 66 | Cestius se retire « sans aucune raison » selon Josèphe, alors qu’il aurait pu prendre la ville | BJ II, 19, 6-7 (§ 538-540) |
| 8 Dius 66 (vers novembre) | Déroute de Cestius dans la descente de Beth-Horon : 5 300 fantassins et 480 cavaliers tués | BJ II, 19, 7-9 (§ 540-555) |
| fin 66 | Après le désastre de Cestius, beaucoup de notables quittent la ville « comme d’un navire qui sombre » | BJ II, 20, 1 (§ 556) |
| hiver 66-67 | Néron confie la guerre à Vespasien | BJ III, 1, 1-3 (§ 1-8) ; Suétone, Vespasien 4, 5 |
| printemps 67 | Vespasien part d’Antioche et rassemble ses forces à Ptolémaïs | BJ III, 2, 4 (§ 29) |
| 1er Panemus 67 (vers juillet) | Prise de Jotapata ; Josèphe se rend et prédit l’empire à Vespasien | BJ III, 7, 36 (§ 339) ; III, 8, 9 (§ 399-408) ; Suétone, Vespasien 5, 6 |
| 23 Hyperberetaeus 67 | Prise de Gamala | BJ IV, 1, 10 (§ 83) |
| 67-68 | Les zélotes font du Temple leur forteresse et tirent au sort le grand prêtre ; les Iduméens entrent dans la ville ; meurtre du grand prêtre Anan, puis de Zacharie fils de Baris dans le Temple | BJ IV, 3, 7-8 (§ 151-157) ; IV, 5, 2 (§ 314-325) ; IV, 5, 4 (§ 334-344) |
| juin 68 | Mort de Néron, apprise par Vespasien à Césarée ; la marche sur Jérusalem est suspendue | BJ IV, 9, 2 (§ 491) |
| 68-69 | Galba, Othon, Vitellius : l’année des quatre empereurs | BJ IV, 9, 2 (§ 491-496) ; IV, 9, 9 (§ 545-549) |
| juillet 69 | Les légions d’Orient proclament Vespasien | BJ IV, 10, 4 (§ 601-604) |
| 3 Apellaeus 69 (décembre) | Vitellius tué à Rome | BJ IV, 11, 4 (§ 652-655) |
| début 70 | Vespasien, qui part pour Rome, envoie Titus « détruire Jérusalem » | BJ IV, 11, 5 (§ 656-658) |
| 14 Xanthicus 70 (Pâque) | Siège ouvert pendant la fête : les pèlerins sont enfermés dans la ville ; Titus campe au Scopus | BJ V, 2, 3 (§ 67-69) ; V, 3, 1 (§ 98-99) ; VI, 9, 3 (§ 421) |
| 7 Artemisius 70 | Premier mur pris, après quinze jours | BJ V, 7, 2 (§ 302) |
| mai 70 | Deuxième mur pris cinq jours plus tard | BJ V, 8, 1 (§ 331) |
| été 70 | Titus enferme la ville dans un mur de 39 stades bâti en trois jours ; la famine s’aggrave | BJ V, 12, 1-3 (§ 491-518) |
| 17 Panemus 70 | Le sacrifice perpétuel (endelechismos) cesse, faute d’hommes | BJ VI, 2, 1 (§ 94) |
| été 70 | Prise et démolition de la tour Antonia | BJ VI, 1, 7 (§ 68-80) ; VI, 2, 1 (§ 93) |
| 10 Loüs 70 (fin août) | Un soldat lance un tison : le sanctuaire brûle, le jour même où le roi de Babylone l’avait brûlé ; Titus entre dans le lieu saint avant que le feu l’atteigne | BJ VI, 4, 5-8 (§ 249-268) |
| août 70 | Les Romains dressent leurs enseignes dans l’enceinte du Temple et leur offrent des sacrifices | BJ VI, 6, 1 (§ 316) |
| 8 Gorpiaeus 70 (septembre) | Prise de la ville haute ; Jérusalem tombe « la deuxième année » de Vespasien | BJ VI, 8, 5 (§ 407) ; VI, 10, 1 (§ 435) |
| fin 70 | La ville est rasée, sauf trois tours (Phasaël, Hippicus, Mariamne) et une partie du mur ouest | BJ VII, 1, 1 (§ 1-4) |
| 71 | Triomphe de Vespasien et Titus à Rome ; on y porte la table d’or, le chandelier et la Loi | BJ VII, 5, 3-7 (§ 116-162), dont VII, 5, 5 (§ 148-150) |
| après 70 | Impôt de deux drachmes par Juif, versé au Capitole (le fiscus Judaicus) | BJ VII, 6, 6 (§ 218) |
| 71-72 | Prise d’Hérodion et de Machéronte par Lucilius Bassus | BJ VII, 6, 1-4 (§ 163-209) |
| 15 Xanthicus 73 ou 74 | Prise de Massada par Flavius Silva ; 960 morts, femmes et enfants compris | BJ VII, 8-9 (§ 252-406), dont VII, 9, 1 (§ 400-401) |
Les sources anciennes
Flavius Josèphe
Josèphe (né vers 37) commande les insurgés en Galilée, se rend à Jotapata en 67, puis suit Titus pendant le siège comme interprète et négociateur. Il écrit d’abord une version dans la langue de ses pères pour les peuples de l’intérieur, puis la Guerre en grec (BJ I, préface 1, § 3). L’ouvrage paraît après la dédicace du temple de la Paix (75, BJ VII, 5, 7, § 158) et avant la mort de Vespasien (79) : Josèphe dit l’avoir remis d’abord à Vespasien et à Titus (Vie 361-363 ; Contre Apion I, 50-51).
Ce qui plaide pour sa fiabilité : il a vu une grande partie des faits ; il donne des dates, des chiffres et une topographie précis ; il n’est pas chrétien, ce que les auteurs chrétiens, de Chrysostome à Russell, soulignent. Ce qui la limite : il écrit sous la protection des Flaviens et fait d’eux les instruments de Dieu ; il rejette la faute sur les « tyrans » et les brigands juifs (BJ I, préface 4, § 10-12) ; il présente Titus comme voulant épargner le Temple (BJ VI, 4, 3, § 236-243). Sulpice Sévère (Chroniques II, 30, vers 400) rapporte au contraire un conseil où Titus veut la destruction du Temple pour extirper la religion des Juifs et des chrétiens ; Jacob Bernays tenait ce récit pour tiré des livres perdus de Tacite, et Grätz défendait Josèphe (d’après la Jewish Encyclopedia). Steve Mason (A History of the Jewish War, A.D. 66-74, Cambridge, 2016) soutient que notre image de la guerre dépend encore beaucoup de la propagande flavienne.
Les auteurs romains
- Tacite, Histoires V, 1-13 (vers 105-110) : la mission de Titus (V, 1) ; la révolte, de Florus à Cestius et Vespasien (V, 10) ; le camp devant les murs (V, 11) ; les trois chefs de factions, Simon, Jean et Éléazar (V, 12) ; les prodiges et le nombre des assiégés (V, 13 ; voir plus bas). Le récit du siège lui-même est perdu.
- Suétone, Vespasien 4, 5 : dans tout l’Orient courait une vieille croyance que des hommes partis de Judée deviendraient maîtres du monde ; les Juifs l’ont prise pour eux, elle visait l’empereur. Ils tuent leur gouverneur, battent le légat de Syrie et lui prennent une aigle. Vespasien 5, 6 : la prédiction de Josèphe. Titus 4, 3 et 5, 2 : Titus à Tarichées et Gamala ; dans l’assaut final, il tue douze défenseurs de douze flèches et prend la ville le jour anniversaire de sa fille. Domitien 12, 2 : la perception très dure de l’impôt juif.
- Dion Cassius, Histoire romaine LXVI, 4-7 (numérotation de la page Loeb consultée ; LXV dans d’autres éditions ; abrégé de Xiphilin) : murs, mines, sorties ; les soldats, par superstition, n’osent entrer dans le Temple jusqu’à ce que Titus les y force (6, 2) ; les défenseurs tiennent leur mort près du Temple pour un salut (6, 3) ; Bargiora (Simon fils de Gioras) seul exécuté au triomphe (7, 1) ; la ville tombe un jour de Saturne, le sabbat ; l’impôt annuel de deux deniers à Jupiter Capitolin (7, 2).
Monuments, monnaies, impôt
- L’arc de Titus, sur la Via Sacra, élevé après la mort de Titus (81) sous Domitien, porte la dédicace du Sénat et du peuple romain au divin Titus (CIL VI 945) ; un relief montre le chandelier porté au triomphe (comparer BJ VII, 5, 5, § 148-150). Un autre arc, au Grand Cirque, aujourd’hui perdu et connu par la copie du codex d’Einsiedeln (CIL VI 944), disait que Titus avait dompté la nation juive et détruit Jérusalem.
- Le fiscus Judaicus : les deux drachmes que chaque Juif versait au Temple vont désormais au Capitole (BJ VII, 6, 6, § 218 ; Dion LXVI, 7, 2). Des reçus d’Égypte (70-116) montrent que femmes et enfants payaient ; Domitien le fait percevoir durement (Suétone, Domitien 12, 2) ; Nerva frappe des monnaies à la légende fisci Iudaici calumnia sublata.
Les sources rabbiniques
- Mishna Taanit 4, 6 : le 17 Tammouz, entre autres malheurs, le sacrifice perpétuel cesse et la ville est percée ; le 9 Ab, le Temple est détruit la première et la seconde fois. Josèphe donne le 10 Loüs (BJ VI, 4, 5, § 250) ; Taanit 29a discute l’écart entre ces dates.
- Yoma 39b : pendant les quarante ans qui précèdent la destruction, le sort « pour l’Éternel » ne sort plus dans la main droite du grand prêtre, le fil écarlate ne blanchit plus, la lampe occidentale ne reste plus allumée, et les portes du sanctuaire s’ouvrent d’elles-mêmes, jusqu’à ce que Yohanan ben Zakkaï les reprenne en citant Zacharie 11:1.
- Gittin 55b-57a : l’histoire de Kamtsa et Bar Kamtsa, cause de la guerre ; la sortie de Yohanan ben Zakkaï et sa rencontre avec Vespasien (56a-b) ; Titus entre dans le Saint des saints avec une prostituée et déchire le voile (56b). Yoma 9b attribue la ruine du second Temple à la « haine sans cause ». Ces textes, fixés des siècles plus tard (Talmud de Babylone), relèvent de l’enseignement plus que de la chronique.
La fuite des chrétiens à Pella
- Eusèbe, Histoire ecclésiastique III, 5, 3 (livre III écrit vers 312 selon Koester) : avant la guerre, l’Église de Jérusalem, avertie par un oracle, quitte la ville pour Pella, en Pérée. Épiphane reprend la tradition trois fois (Panarion 29, 7, 7-8 ; 30, 2, 7 ; Des poids et mesures 15, où un ange avertit les disciples).
- Le débat. S. G. F. Brandon (The Fall of Jerusalem and the Christian Church, 1951) la rejette : les chrétiens de Jérusalem auraient fait cause commune avec les insurgés et péri avec eux. Gerd Lüdemann (dans E. P. Sanders, dir., Jewish and Christian Self-Definition, 1980, p. 161-173) y voit une légende du IIe siècle, née dans une Église judéo-chrétienne qui voulait se rattacher à celle de Jérusalem. Craig Koester (CBQ 51, 1989, p. 90-106) la juge plausible. On objecte aussi que Pella figure parmi les villes attaquées par les Juifs en 66 (BJ II, 18, 1, § 458) ; on répond qu’une communauté qui fuyait les insurgés pouvait justement chercher refuge dans une ville grecque (argument à sourcer, voir « À vérifier »).
- Ce que permet Josèphe : une fenêtre pour fuir a existé après la retraite de Cestius (BJ II, 19, 6-7 ; II, 20, 1, § 556). William Whiston, dans une note de sa traduction à II, 19, 6, y voit l’occasion donnée aux chrétiens d’obéir à l’avertissement du Christ sur l’abomination, qu’il identifie aux armées romaines et à leurs enseignes idolâtres. Josèphe, lui, ne parle pas des chrétiens.
Les présages
Josèphe, BJ VI, 5, 3 (§ 288-309), rangés par lui pour la plupart « avant la révolte » : une étoile semblable à une épée au-dessus de la ville et une comète pendant un an (§ 289) ; à la fête des pains sans levain, le 8 Xanthicus à la neuvième heure de la nuit, une lumière autour de l’autel pendant une demi-heure (§ 290-291) ; une génisse qui met bas un agneau dans le Temple (§ 292) ; la porte orientale du parvis intérieur, en bronze, qu’il fallait vingt hommes pour fermer, qui s’ouvre seule à la sixième heure de la nuit (§ 293-295) ; le 21 Artemisius, avant le coucher du soleil, des chars et des troupes armées vus dans les airs, courant à travers les nuées (§ 296-298) ; à la Pentecôte, les prêtres entendent un mouvement puis une voix : « Partons d’ici » (§ 299) ; enfin Jésus fils d’Ananias, qui crie « malheur à Jérusalem » à partir de quatre ans avant la guerre, pendant sept ans et cinq mois, jusqu’à sa mort par une pierre de machine pendant le siège (§ 300-309). En VI, 5, 4 (§ 310-315), Josèphe ajoute l’oracle « ambigu » d’un homme de leur pays qui gouvernerait la terre, qu’il applique à Vespasien.
Tacite, Histoires V, 13 : des armées qui s’affrontent dans le ciel, des armes qui brillent, le Temple éclairé d’un feu venu des nuées, les portes du sanctuaire ouvertes d’un coup, une voix surhumaine annonçant que les dieux sortent, puis le bruit de leur départ. Tacite rapporte aussi l’oracle des écrits des prêtres, qu’il applique à Vespasien et Titus. Les deux listes se recoupent (armées dans les nuées, porte, voix) ; Tacite dépend-il de Josèphe ou d’une source commune ? (voir « À vérifier »).
Les chiffres
Josèphe, BJ VI, 9, 3 (§ 420) : 97 000 captifs pendant toute la guerre et 1 100 000 morts pendant le siège, la plupart venus pour la Pâque et enfermés « comme dans une prison » (§ 421 ; VI, 9, 4, § 428). Pour montrer que la ville pouvait les contenir, il invoque un recensement fait sous Cestius : 255 600 victimes pascales, soit 2 700 200 personnes pures à dix par victime (§ 422-425). Tacite donne 600 000 assiégés (V, 13). Les captifs : les plus de dix-sept ans envoyés aux travaux d’Égypte, beaucoup livrés aux arènes des provinces, les plus jeunes vendus (BJ VI, 9, 2, § 414-419).
La critique. Magen Broshi (Biblical Archaeology Review, 1978) juge irréalistes les chiffres de population de Josèphe et estime Jérusalem à environ 80 000 habitants ; Wilkinson (1974) en compte environ 70 000, Levine (2002) 60 000 à 70 000, Hillel Geva (2013) au plus 20 000 ; J. R. C. Cousland parle d’environ 100 000. Une étude publiée par Cambridge juge le chiffre de morts impossible et estime toute la Palestine à environ un million d’habitants au milieu du Ier siècle. Les défenseurs des gros chiffres invoquent l’afflux des pèlerins, que Josèphe souligne lui-même. Le nombre des morts reste très incertain ; l’ampleur de la catastrophe ne l’est pas.
Les passages rapprochés par les prétéristes
Textes en Louis Segond 1910, contrôlés sur la transcription de Wikisource. L’Apocalypse est citée dans la traduction de Pierre Savignac.
Le Temple renversé
Matthieu 24:2 : Voyez-vous tout cela? Je vous le dis en vérité, il ne restera pas ici pierre sur pierre qui ne soit renversée.
↔ BJ VII, 1, 1 (§ 1-3) : le reste de l’enceinte fut si bien aplani qu’on n’aurait pas cru le lieu jamais habité. Objection courante : les tours et le mur ouest conservés (§ 2), et les murs de soutènement de l’esplanade, encore debout. Réponse habituelle : Jésus parle des constructions du Temple que les disciples lui montrent (24:1), non de l’enceinte.
Jérusalem investie, la fuite
Luc 21:20-22 : Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que sa désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n’entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l’accomplissement de tout ce qui est écrit.
Matthieu 24:15-16 : C’est pourquoi, lorsque vous verrez l’abomination de la désolation, dont a parlé le prophète Daniel, établie en lieu saint, que celui qui lit fasse attention! alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes;
↔ l’armée de Cestius autour de la ville et sa retraite (BJ II, 19, 4-7), puis la fuite à Pella (Eusèbe III, 5, 3). Voir plus bas le débat sur l’abomination.
Les tranchées et le mur
Luc 19:43-44 : Il viendra sur toi des jours où tes ennemis t’environneront de tranchées, t’enfermeront, et te serreront de toutes parts; ils te détruiront, toi et tes enfants au milieu de toi, et ils ne laisseront pas en toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas connu le temps où tu as été visitée.
↔ le mur de circonvallation de Titus (BJ V, 12, 1-2, § 491-511). Eusèbe cite déjà les paroles de Jésus sur l’encerclement de la ville à côté du récit de Josèphe (H. E. III, 7, 5-6).
La détresse, les mères
Matthieu 24:19-21 : Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là! Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat. Car alors, la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais.
Luc 23:28-30 : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. Car voici, des jours viendront où l’on dira: Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité! Alors ils se mettront à dire aux montagnes: Tombez sur nous! Et aux collines: Couvrez-nous!
↔ la famine et Marie, fille d’Éléazar, qui mange son enfant (BJ VI, 3, 4, § 201-213) ; le mot de Josèphe selon qui les malheurs de tous les hommes depuis le commencement du monde sont peu de chose auprès de ceux des Juifs (BJ I, préface 4, § 12) ; aucune autre ville n’a souffert de tels maux, et nulle génération n’a été plus féconde en méchanceté (BJ V, 10, 5, § 442). Eusèbe (H. E. III, 6-7) met déjà le récit de Marie et la parole sur les femmes enceintes côte à côte ; Jean Chrysostome (Homélies sur Matthieu 76) renvoie ses auditeurs à Josèphe pour vérifier les paroles de Jésus et rappelle les mères qui se disputaient leurs enfants. Lc 23:30 reprend Osée 10:8 (« Ils diront aux montagnes: Couvrez-nous! Et aux collines: Tombez sur nous! »), comme l’Apocalypse :
Apocalypse 6:16 (traduction de Pierre Savignac) : Et ils disent aux montagnes et aux rochers : « Tombez sur nous et cachez-nous de la face de celui qui est assis sur le trône et de la colère de l’Agneau,
Les faux prophètes, les aigles
Mt 24:24-26 (faux christs et faux prophètes, « il est dans le désert ») ↔ l’Égyptien qui mène une foule au mont des Oliviers sous Félix (BJ II, 13, 5, § 261-263 ; cf. Ac 21:38) ; le faux prophète qui, le jour de l’incendie, fait monter le peuple au Temple, où 6 000 personnes périssent, et les prophètes soudoyés par les « tyrans » (BJ VI, 5, 2, § 285-287).
Matthieu 24:28 : En quelque lieu que soit le cadavre, là s’assembleront les aigles.
↔ les aigles des légions (J. Stuart Russell ; Harold R. Eberle).
Les signes et le « signe dans le ciel »
Luc 21:11 : il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.
↔ les présages de BJ VI, 5, 3 et de Tacite V, 13. Eusèbe les recopie aussitôt après son parallèle avec l’Évangile (H. E. III, 8). Russell y voit un accomplissement partiel de Lc 21:11. Pour Mt 24:29-30, voir les objections.
Le sang et « cette génération »
Matthieu 23:35-36 : afin que retombe sur vous tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le temple et l’autel. Je vous le dis en vérité, tout cela retombera sur cette génération.
↔ le meurtre de Zacharie fils de Baris « au milieu du Temple » par deux zélotes (BJ IV, 5, 4, § 334-344). Le rapprochement est fait par certains lecteurs, mais la plupart des commentateurs voient en Mt 23:35 un Zacharie du passé (le verbe est « que vous avez tué » ; souvent celui de 2 Chroniques 24:20-22). Hégésippe, cité par Eusèbe (H. E. II, 23, 18), écrit que Vespasien assiégea les Juifs « aussitôt » après le martyre de Jacques, frère du Seigneur, et Eusèbe ajoute que les plus sensés des Juifs liaient les deux faits (II, 23, 19).
Daniel 9 et l’abomination
Daniel 9:26 : Après les soixante-deux semaines, un Oint sera retranché, et il n’aura pas de successeur. Le peuple d’un chef qui viendra détruira la ville et le sanctuaire, et sa fin arrivera comme par une inondation; il est arrêté que les dévastations dureront jusqu’au terme de la guerre.
↔ la ruine par l’armée de Titus. Les lectures sont détaillées dans Daniel 9.24-27, où l’on trouve aussi l’oracle cité par Josèphe en IV, 6, 3 (§ 388) : la ville serait prise et le sanctuaire brûlé quand des mains juives le souilleraient.
L’Apocalypse
Apocalypse 11:2 (traduction de Pierre Savignac) : » Et le parvis qui est au-dehors du temple, jette-le au-dehors, et ne le mesure pas, car il a été donné aux nations, et la cité sainte, elles la fouleront quarante-deux mois.
↔ Lc 21:24 (« Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations ») ; pour Kenneth L. Gentry (blogue, 19 septembre 2025), les deux textes décrivent le même piétinement, et les quarante-deux mois couvrent la guerre menée par l’empire, du printemps 67 (envoi de Vespasien) à août 70. Le temple encore debout en Ap 11:1 sert aussi à dater le livre avant 70 (voir Apocalypse 1.1-3).
Apocalypse 16:21 (traduction de Pierre Savignac) : Et une grosse grêle, comme du poids d’un talent, descend du ciel sur les hommes ; et les hommes outragèrent Dieu à cause de la plaie de la grêle, car sa plaie est extrêmement grande.
↔ BJ V, 6, 3 (§ 269-273) : les machines romaines lancent des pierres d’un talent, blanches ; les guetteurs crient dans leur langue « le fils vient », jusqu’à ce que les Romains les noircissent. Gentry (Before Jerusalem Fell, p. 246, selon Ice) y voit un accomplissement presque littéral. Ice (« 100-Pound Hailstones », 2018) objecte que Gentry omet le noircissement des pierres, que la grêle d’Ap 16 est une plaie envoyée par Dieu, comme en Exode 9 et Josué 10:11, et que le seul point commun est le « talent ».
Qui fait ces rapprochements
- Les anciens : Eusèbe (H. E. III, 5-8) est le premier à mettre systématiquement Josèphe en regard des paroles de Jésus ; il en conclut au caractère divin de la prophétie (III, 7, 7) et note que Dieu a différé la ruine de quarante ans (III, 7, 9). Chrysostome (Hom. sur Mt 76) applique la grande tribulation à la guerre romaine et voit dans l’abomination les armées.
- J. Stuart Russell (The Parousia, 1878) s’appuie sur Josèphe, témoin oculaire et non chrétien, pour les faux messies, les famines, le faux prophète du Temple, la mère qui mange son enfant et le 1 100 000 morts ; il identifie l’abomination aux enseignes légionnaires, la grande tribulation au siège, les signes cosmiques à un langage prophétique de jugement.
- Les partiels : Kenneth L. Gentry (l’abomination est l’invasion romaine et la destruction de 70, Perilous Times, p. 22-26, et The Great Tribulation: Past or Future?, p. 47-48, selon Ice ; le signe du Fils de l’homme est la venue en jugement manifestée en 70, blogue, 22 novembre 2016) ; Gary DeMar (Last Days Madness) ; David Chilton (The Great Tribulation, 1987 ; The Days of Vengeance) ; Philip Mauro (The Seventy Weeks and the Great Tribulation, 1921) ; Harold R. Eberle (l’abomination est l’armée romaine). Les classiques Milton S. Terry et Moses Stuart lisent l’Apocalypse comme la chute de Jérusalem.
- Les complets : Don K. Preston fait de 70 la parousie elle-même ; Ed Stevens reconstitue les années 57-70 à partir de Josèphe, Tacite, Yosippon, Hégésippe et Eusèbe ; Brad M. Baker avance, comme hypothèse, que les bruits entendus au Temple selon Josèphe pourraient témoigner de la résurrection ; Duncan W. McKenzie voit l’Antichrist agir à travers Titus.
- Les adversaires admettent souvent une partie du rapprochement : Thomas Ice reconnaît que Lc 21:20-24 décrit 70, mais renvoie Mt 24:15-31 à l’avenir.
Ce que les sources montrent et ne montrent pas
Elles montrent : une guerre de 66 à 73/74 ; un siège commencé à la Pâque de 70 ; la cessation du sacrifice perpétuel (17 Tammouz), l’incendie du Temple (10 Ab selon Josèphe, 9 Ab selon la Mishna) et la ruine de la ville ; des dizaines de milliers de morts au moins et des captifs dispersés ; des enseignes romaines honorées dans l’enceinte sacrée ; des présages rapportés à la fois par Josèphe, Tacite et le Talmud (portes ouvertes seules) ; un impôt qui détourne vers le Capitole l’offrande du Temple. Elles montrent aussi que l’événement tombe environ quarante ans après la parole de Jésus (vers 30-33).
Elles ne montrent pas : ni Josèphe, ni Tacite, ni Suétone, ni Dion ne parlent de Jésus à propos de la guerre, ni d’une « venue du Fils de l’homme » ; la fuite à Pella n’est attestée qu’à partir d’Eusèbe, près de deux siècles et demi après ; les chiffres de Josèphe ne sont pas fiables ; ses présages datent pour la plupart d’avant la guerre (66), et non de 70. Que ces faits accomplissent Mt 24 est une interprétation : très ancienne (Eusèbe), défendue par les prétéristes, admise en partie par des futuristes pour Luc 21, contestée pour le reste.
Objections et réponses
- Objection : Josèphe écrit après coup, pour les Flaviens, et ses prodiges sont suspects ; s’appuyer sur lui pour « vérifier » une prophétie, c’est s’appuyer sur un historien partial (critique historique ; Ice sur la grêle).
- Réponse prétériste : Josèphe n’est pas chrétien et n’a aucun intérêt à confirmer Jésus ; les grandes lignes (siège, incendie, ruine) sont recoupées par Tacite, Suétone, Dion, l’arc de Titus et le Talmud (argument de Russell). Les rapprochements de détail (grêle, Zacharie) restent plus fragiles que ceux de structure.
- Objection : le « signe du Fils de l’homme dans le ciel » et la venue « sur les nuées » (Mt 24:30) n’ont été vus par personne en 70 (Mayhue ; Ice ; voir Matthieu 24.34).
- Réponse prétériste : la venue sur les nuées est un langage de jugement (És 19:1 ; Dn 7:13). Selon une lecture du génitif que Gentry reprend à A. T. Robertson et R. H. Mounce, le signe est le Fils de l’homme lui-même, qui est dans le ciel et dont le jugement se manifeste en 70 (blogue, 2016) ; Gentry cite aussi R. V. G. Tasker, qui rapproche ces versets des armées vues dans le ciel selon Tacite.
- Réplique : une analyse futuriste de l’ordre des mots grecs fait du signe une chose qui apparaît dans le ciel ; et les prodiges de Josèphe précèdent la guerre, alors que le signe de Mt 24:30 vient « aussitôt après » la détresse (24:29).
- Objection : Lc 21:24 ouvre une période après 70, « jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis » : le discours ne s’arrête donc pas en 70 (lecture futuriste, qui prolonge cette période jusqu’au rétablissement d’Israël).
- Réponse prétériste partielle : Gentry (2025) lie l’expression aux quatre empires de Daniel 2 et aux quarante-deux mois d’Ap 11:2 ; après 70, le pouvoir des nations sur un culte lié à un temple prend fin, puisque le royaume n’est plus attaché à une ville ni à une terre. Les prétéristes ne s’accordent pas sur la fin précise de ces « temps » (voir « À vérifier »).
- Objection : à quoi identifier l’abomination de la désolation ? Les candidats proposés :
- les armées romaines autour de la ville (Lc 21:20 ; Chrysostome ; Gentry ; Eberle ; la note de Whiston) ;
- les enseignes romaines et leurs images (Russell, qui cite l’affaire des enseignes sous Vitellius dans les Antiquités XVIII ; sacrifice aux enseignes en BJ VI, 6, 1, § 316 ; Clément d’Alexandrie parle d’une abomination établie par Néron, voir Daniel 9.24-27) ;
- les zélotes qui font du Temple leur forteresse, y tuent et y tirent au sort le grand prêtre (BJ IV, 3, 7-8 ; IV, 6, 3, § 388), candidat que relève Sam Storms ;
- Titus entrant dans le lieu saint (BJ VI, 4, 7, § 260 ; Gittin 56b).
- Objection d’Ice (« An Interpretation of Matthew 24-25 », partie 13, 2018) : Mt 24:15 parle d’une chose « établie en lieu saint », ce que Luc ne dit pas ; il n’y a eu en 70 ni image dans le lieu saint ni culte imposé ; et, selon D. A. Carson et Stanley Toussaint qu’il cite, les enseignes dans le Temple viennent trop tard pour qu’on puisse encore fuir.
- Réponse : beaucoup placent donc le signal de la fuite en 66-68 (armée de Cestius, profanation zélote), et non en août 70 ; Lc 21:20 donnerait le sens de Mt 24:15 (Gentry, d’après Ice).
- Objection : si les Évangiles ont été écrits après 70, ces « prophéties » sont des récits faits après l’événement. La plupart des spécialistes datent Marc vers 65-75 (juste avant ou juste après la chute) et Luc vers 80-90 ; le langage de siège de Lc 19:41-44 et 21:20-24 est un des arguments d’une date postérieure à 70.
- Réponse : John A. T. Robinson (Redating the New Testament, 1976) relève que la chute de 70 n’est jamais mentionnée comme passée dans le Nouveau Testament et date tous les livres avant 70 ; Gentry et DeMar défendent des dates hautes. C. H. Dodd (« The Fall of Jerusalem and the “Abomination of Desolation” », Journal of Roman Studies 37, 1947, p. 47-54) a étudié Lc 19:42-44 et 21:20-24. E. Earle Ellis (« Dating the New Testament », New Testament Studies 26, 1980, p. 487-502, n. 3) résume que Lc 21:20-24 tire sa phraséologie d’autres passages de la Septante, ce qu’a « démontré » Dodd (article repris dans More New Testament Studies, Manchester, 1968, p. 69-83). Si c’est exact, la description de Luc ne suppose pas qu’il ait vu le siège de 70, ce qui affaiblit l’argument d’une rédaction après coup ; l’article de Dodd lui-même n’a pas été lu ici.
- Ce que cela changerait : une date après 70 n’ôterait pas aux textes leur objet, la chute de Jérusalem ; elle montrerait même que leurs premiers lecteurs les rapportaient à 70. Elle leur ôterait la valeur de prédiction. Pour le prétérisme, la date pèse surtout sur l’Apocalypse, qu’il place avant 70 (voir Apocalypse 1.1-3).
- Objection : les Pères n’ont pas tenu la parousie pour accomplie en 70 (Mayhue, voir Matthieu 16.27-28).
- Réponse : les Pères lisaient bien la tribulation et la ruine comme accomplies en 70 (Eusèbe, Chrysostome) ; ce sont les prétéristes complets qui étendent l’accomplissement à la parousie, à la résurrection et au jugement (voir 1 Thessaloniciens 4.13-18 et 1 Corinthiens 15) ; les partiels s’y opposent.
À vérifier
- Les équivalences juliennes des dates de Josèphe (8 Dius 66, 1er Panemus 67, 10 Loüs et 8 Gorpiaeus 70, 15 Xanthicus 73/74) : à fixer d’après une table de référence.
- La date de Massada : 73 (traditionnelle) ou 74 (proposée d’après la carrière de Flavius Silva) ; Werner Eck (Senatoren von Vespasian bis Hadrian, 1970, p. 93-103) et les articles de la Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik n’ont pas été lus.
- Le texte exact de l’inscription perdue CIL VI 944 et la date de l’arc du Forum (81 ou 82).
- Le chiffre des captifs chez Eusèbe, H. E. III, 7, 3 (90 000 selon un résumé, 97 000 chez Josèphe) : à contrôler sur le grec.
- Les conclusions exactes de Dodd (1947) et de Koester (1989) : connues par des résumés (pour Dodd, celui d’Ellis, 1980), articles non lus ; en particulier ce que Dodd dit de Lc 19:42-44. Les positions de Jonathan Bourgel (2010), Ray Pritz (1981) et P. H. R. van Houwelingen (WTJ 65, 2003) sur Pella ; un auteur qui avance l’argument « ville grecque, refuge contre les insurgés ».
- La dépendance de Tacite V, 13 envers Josèphe ou une source commune.
- Les pages de DeMar (Last Days Madness) et de Chilton (The Great Tribulation) sur Josèphe, l’abomination et Lc 21:24 ; les arguments précis de Preston sur 70 comme parousie ; la lecture des « temps des nations » chez les prétéristes complets.
- Qui, parmi les prétéristes, rapproche nommément Mt 23:35 du meurtre de Zacharie fils de Baris, et Mt 24:30 des chars dans les nuées de Josèphe.
- Thomas Newton (Dissertations on the Prophecies, XVIIIe siècle) et son usage de Josèphe pour Mt 24 : non vérifié.
- Vie 361-363 et Contre Apion I, 50-51 (remise de l’ouvrage aux Flaviens) : lus en traduction seulement.
Voir aussi
- Matthieu 24.34
- Matthieu 16.27-28
- Daniel 9.24-27
- Apocalypse 1.1-3
- 1 Thessaloniciens 4.13-18
- 1 Corinthiens 15
- Prétérisme partiel
- Prétérisme complet
- Méthode
Sources
- Texte biblique contrôlé le 2026-10-28 sur la transcription Wikisource de la Bible Segond 1910 (
_outils/segond1910-wikisource.txt), https://fr.wikisource.org/wiki/Bible_Segond_1910 : Mt 23:35-36 ; 24:2, 15-16, 19-21, 28 ; Lc 19:43-44 ; 21:11, 20-22 ; 23:28-30 ; Dn 9:26 ; Os 10:8. - Apocalypse 6:16 ; 11:2 ; 16:21 : traduction de Pierre Savignac,
Traductions/Apocalypse/livre/chapitre-06-versets-01-17.md,chapitre-11-versets-01-19.md,chapitre-16-versets-01-21.md(traduction continue). - Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, texte grec de Niese et traduction de Whiston, Perseus Digital Library (canonical-greekLit, tlg0526.tlg004, éditions grc2 et eng2), https://github.com/PerseusDL/canonical-greekLit/tree/master/data/tlg0526/tlg004 ; aussi https://penelope.uchicago.edu/josephus/war-6.html
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- Arc de Titus : https://heurist.huma-num.fr/heurist/judaism_and_rome/view/58 ; arc du Grand Cirque : https://heurist.huma-num.fr/heurist/judaism_and_rome/view/227
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- Thomas Ice, « An Interpretation of Matthew 24-25 (Part 13) » (2018), https://www.pre-trib.org/dr-thomas-ice/popup/text/print/128 ; « 100-Pound Hailstones » (2018), https://pre-trib.org/dr-thomas-ice/popup/text/print/93
- Sam Storms, « Matthew 24 and the Olivet Discourse - Part II », https://www.samstorms.org/all-articles/post/matthew-24-and-the-olivet-discourse---part-ii
- C. H. Dodd, JRS 37 (1947), notice : https://resolve.cambridge.org/core/journals/journal-of-roman-studies/article/fall-of-jerusalem-and-the-abomination-of-desolation/B17C6A72EEC2091C10E9169C51A0A1C4
- E. Earle Ellis, « Dating the New Testament », New Testament Studies 26/4 (1980), p. 487-502, n. 3 (sur Dodd et Lc 21:20-24) : https://www.cambridge.org/core/journals/new-testament-studies/article/abs/dating-the-new-testament/3DD932EE23DF5955077905DC77A103BF
- John A. T. Robinson, Redating the New Testament (1976), compte rendu : https://www.ministrymagazine.org/archive/1978/06/redating-the-new-testament
- Datation des Évangiles : https://en.wikipedia.org/wiki/Gospel_of_Mark ; https://en.wikipedia.org/wiki/Gospel_of_Luke
- Fiches de ce recueil : Matthieu 24.34, Daniel 9.24-27, Apocalypse 1.1-3, Matthieu 16.27-28 et les fiches d’auteurs citées.