Ressources · Financiers et mécènes

Famille Rothschild

Dynastie de banquiers juifs fondée à Francfort par Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), dont les fils s'établissent à Londres, Paris, Vienne et Naples.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Cette fiche porte sur l’influence prêtée aux Rothschild sur la transmission de la Bible et la doctrine de l’Église, non sur les personnes.

En bref

Dynastie de banquiers juifs fondée à Francfort par Mayer Amschel Rothschild (1744-1812), dont les fils s’établissent à Londres, Paris, Vienne et Naples. Deux faits les relient à notre sujet de façon documentée : la déclaration Balfour (1917), adressée à Lord Rothschild, et le financement des colonies juives de Palestine par le baron Edmond de Rothschild. Le reste (financement de Darby, de Scofield ou d’autres « hommes de Dieu ») relève de l’allégation.

Faits documentés

  • Edmond de Rothschild (1845-1934), de la branche de Paris, finance à partir de 1882 les premières colonies agricoles juives de Palestine ottomane (Rishon LeZion, Zikhron Ya’akov, Rosh Pinna et d’autres), puis crée la Palestine Jewish Colonization Association (PICA, 1924). Il est appelé « le Bienfaiteur » (ha-Nadiv) en Israël.
  • Lionel Walter Rothschild, 2e baron Rothschild (1868-1937), zoologiste et dirigeant de la communauté juive britannique, reçoit le 2 novembre 1917 la lettre du ministre Arthur Balfour : le gouvernement britannique « envisage favorablement » l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif. Il est prié de la transmettre à la Fédération sioniste. La lettre est l’aboutissement du travail de Chaïm Weizmann et d’autres ; les Rothschild en sont les destinataires et des soutiens, non les seuls auteurs.
  • Une partie de la famille fut d’ailleurs longtemps réservée, voire opposée, au sionisme politique.

Lien avec le christianisme. La déclaration Balfour accomplit ce que Shaftesbury, William Eugene Blackstone et les notes de Cyrus Ingerson Scofield présentaient comme le plan prophétique. Balfour et Lloyd George avaient grandi dans un protestantisme nourri de cette lecture. Les dispensationalistes (Arno C. Gaebelein notamment) ont salué 1917 comme un signe de la fin. Documenté : la convergence d’intérêts entre sionisme juif et sionisme chrétien.

Allégations

  • Scofield. Des textes en ligne affirment que les Rothschild ont financé la Bible Scofield par l’intermédiaire de Samuel Untermyer. La chaîne repose sur la suggestion de Joseph M. Canfield (1988) concernant Untermyer et le Lotos Club, à laquelle d’autres ont ajouté les Rothschild. Les extraits de Canfield cités en ligne ne nomment pas les Rothschild ; le lien avec eux semble ajouté par d’autres (à vérifier dans le livre).
  • Darby. On lit aussi que les Rothschild auraient financé John Nelson Darby ou les Frères de Plymouth. Aucun auteur sérieux, aucun document n’est cité à l’appui.
  • Sociétés bibliques, traductions. Certaines affirmations font des Rothschild les commanditaires de traductions modernes ou du texte critique ; aucune source ne le montre.

Ces affirmations s’inscrivent souvent dans une tradition de théories du complot visant « les banquiers juifs » depuis le XIXe siècle (dont le faux des Protocoles des Sages de Sion). Il faut les juger sur preuves, comme toutes les autres.

Non démontré

  • Aucun versement des Rothschild à Darby, Scofield, Blackstone, Moody, Oxford University Press ou une société biblique n’est documenté.
  • Les bailleurs connus de la Bible Scofield sont des hommes d’affaires protestants (Ball, Pirie, Fitch, selon Gaebelein ; un appui de Lyman Stewart est allégué par Canfield, sans versement connu).
  • Le dispensationalisme existe (Darby, années 1830) bien avant l’engagement sioniste d’Edmond de Rothschild (1882).

Pourquoi cette note

Les Rothschild n’ont, d’après les sources, ni traduit, ni annoté, ni payé de prédicateur. Leur influence sur l’Église est indirecte : en soutenant le projet sioniste et en recevant la déclaration Balfour, ils ont donné aux dispensationalistes l’événement qui semblait confirmer leur lecture futuriste, ce qui a renforcé cette doctrine pour un siècle. 2/5, pour cette influence indirecte ; Pierre peut juger qu’une influence non intentionnelle sur la doctrine ne doit pas être notée.

Voir aussi

Sources

  • Niall Ferguson, The House of Rothschild, 2 vol., 1998-1999.
  • Jonathan Schneer, The Balfour Declaration: The Origins of the Arab-Israeli Conflict, 2010.
  • Simon Schama, Two Rothschilds and the Land of Israel, 1978.
  • Donald M. Lewis, The Origins of Christian Zionism, 2010.
  • Joseph M. Canfield, The Incredible Scofield and His Book, 1988.