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Philip Mauro

Avocat américain, ancien dispensationaliste ; dans The Seventy Weeks and the Great Tribulation (1921), il fait aboutir les 70 semaines de Daniel à la destruction de Jérusalem et lit la grande tribulation de Mt 24 comme celle de l'an 70.

En bref

Philip Mauro est un avocat américain, plaideur devant la Cour suprême et spécialiste des brevets, devenu auteur chrétien. D’abord dispensationaliste, il a ensuite critiqué le dispensationalisme. Son livre The Seventy Weeks and the Great Tribulation (1921) applique les 70 semaines de Daniel au premier siècle et la grande tribulation du discours sur le mont des Oliviers à la destruction de Jérusalem, ce qui en fait une référence fréquente des prétéristes partiels.

Parcours

  • Né le 7 janvier 1859 à Saint-Louis (Missouri), mort le 7 avril 1952 à Staunton (Virginie), inhumé au Masonic Cemetery de Culpeper.
  • Études à la Washington University in St. Louis ; avocat à la Cour suprême des États-Unis et avocat en brevets.
  • A préparé des mémoires pour le procès Scopes (1925) ; l’étendue de sa contribution varie selon les sources (un éditeur qui vend ses livres affirme que l’argumentation de Bryan venait de lui).
  • En avril 1912, passager du Carpathia avec sa fille Margaret lors du sauvetage des rescapés du Titanic.

Position eschatologique

  • École : autre. Il lit les 70 semaines et le discours sur le mont des Oliviers de façon prétériste, mais un critique décrit son livre sur l’Apocalypse comme un système largement historiciste qui lui est propre.
  • Parousie : future. Dans Of Things Which Soon Must Come to Pass (1933), il distingue des « venues » du Christ à une Église ou à un croyant de « son avènement personnel et visible en puissance et en gloire », qui reste à venir : le « je viens bientôt » adressé à Philadelphie (Ap 3:11) vise d’abord cette Église, mais aura « son accomplissement final et complet » à la seconde venue (p. 124-126) ; le règne des martyrs d’Ap 20 a lieu « avant la seconde venue du Seigneur » (p. 608).
  • Résurrection : future et corporelle : la résurrection corporelle des morts en Christ aura lieu à la seconde venue (1 Th 4:16) ; la « première résurrection » d’Ap 20 est une résurrection des âmes des martyrs, distincte de celle des corps (1933, p. 608 et 614).
  • Jugement : la grande tribulation est le jugement de Jérusalem en 70.
  • Millénium (Ap 20) : sa position a changé. En 1925 (The Patmos Visions, p. 520-522), le millénium est à venir, « maintenant tout proche », avec une création naturelle restaurée ; les « mille ans » signifient la plénitude plutôt qu’une durée exacte. En 1933, il ajoute un chapitre XV (« The Millennium », p. 577 et suiv.) qui révise ce point : il dit ne s’accorder ni avec les postmillénaristes, ni avec les prémillénaristes, ni avec les amillénaristes, et se dit ni prétériste, ni historiciste, ni futuriste (avant-propos, p. xxviii) ; les mille ans se déroulent dans le monde spirituel, et non sur terre, commencent probablement vers le IVe siècle, avec Constantin, ce qu’il ne tient pas pour certain (p. 594-597), placent dans « les premiers siècles chrétiens » le début du règne des martyrs, et précèdent la seconde venue (p. 608). Un site historiciste note aussi qu’il se distingue sur le sens symbolique des trois ans et demi.
  • Date de l’Apocalypse : fin du Ier siècle, sous Domitien (81-95). Il rejette la datation sous Néron, qu’il attribue aux interprètes qui veulent voir l’accomplissement dans la destruction de Jérusalem (The Patmos Visions, 1925, p. 44-45 ; même texte et mêmes pages en 1933).
  • Ce qui le distingue : la 70e semaine de Daniel n’est pas reportée dans le futur ; les 490 ans forment une période continue qui se termine avec la destruction de Jérusalem, et le ministère du Christ tombe dans la 70e semaine. Il fait d’Hérode le Grand le « roi qui fera ce qu’il voudra » de Daniel 11:36.

Ouvrages principaux

  • The Seventy Weeks and the Great Tribulation (1921) : Daniel 9 et 11, puis le discours sur le mont des Oliviers.
  • Evolution at the Bar (1922) : contre l’évolutionnisme.
  • The Patmos Visions (1925), réédité sous le titre Of Things Which Soon Must Come to Pass (éd. 1933, réimpr. Reiner, 1971) : commentaire de l’Apocalypse.
  • The Gospel of the Kingdom (1928) : critique du dispensationalisme.
  • The Kingdom of Heaven (1920) ; The Hope of Israel: What Is It? (Boston, Hamilton Brothers, copyright 1929).

Arguments caractéristiques

  • La prophétie des 70 semaines est continue : pas d’« intervalle » entre la 69e et la 70e semaine.
  • Le parallèle de Lc 21:20-24 (Jérusalem investie par des armées) montre que la tribulation annoncée est celle de 70.

Débats et critiques

  • Wikipédia lui attribue l’invention du mot « dispensationalism », ce qui reste à confirmer.
  • Le frère darbyste Algernon J. Pollock a publié une critique de The Patmos Visions, qu’il décrit comme un historicisme personnel.
  • Les futuristes contestent l’application de Mt 24:21 à l’an 70 (par exemple Precept Austin, qui distingue Lc 21 de Mt 24).

À vérifier

  • Réglé le 2026-10-28 : sa position sur la seconde venue, la résurrection et le millénium (voir plus haut ; il récuse lui-même l’étiquette amillénariste en 1933).
  • Si sa position de 1933 sur le millénium est restée la même dans ses écrits suivants.
  • Qu’il ait réellement forgé le terme « dispensationalisme ».
  • Sa part exacte dans le procès Scopes.
  • Réglé le 2026-10-28 : The Hope of Israel porte un copyright de 1929 (Hamilton Brothers) ; d’éventuelles éditions antérieures n’ont pas été cherchées.

Voir aussi

Sources