Ressources · Financiers et mécènes

Lyman Stewart

Cofondateur et président de l'Union Oil Company de Californie, Lyman Stewart est le plus important mécène documenté du fondamentalisme américain naissant.

Fiche de recherche, sources indiquées. Les points marqués « à vérifier » ne sont pas encore confirmés par les sources.

Cette fiche porte sur l’influence de Stewart sur la transmission de la Bible, non sur la doctrine qu’il a soutenue.

En bref

Cofondateur et président de l’Union Oil Company de Californie, Lyman Stewart est le plus important mécène documenté du fondamentalisme américain naissant. Avec son frère Milton Stewart, il paie The Fundamentals (1910-1915), envoyés gratuitement à des centaines de milliers de pasteurs et d’ouvriers chrétiens ; il fonde le Bible Institute of Los Angeles (Biola, 1908) ; il aurait contribué à la Scofield Reference Bible (1 000 $ selon la Presbyterian Historical Society, date et source primaire à vérifier). Il n’a ni traduit ni annoté la Bible : son influence passe par l’argent et l’organisation de la diffusion.

Provenance et confession

Né le 22 juillet 1840 à Cherrytree (comté de Venango, Pennsylvanie), fils de William Reynolds Stewart, tanneur, et de Jane Miller Irwin. Il quitte l’école vers onze ans pour travailler à la tannerie de son père. Il se convertit au christianisme presbytérien pendant le réveil de 1857 (« réveil des hommes d’affaires ») et voulait devenir missionnaire : il perd ses premières économies (125 $) dans un forage près de Titusville. Il sert trois ans dans le 16e régiment de cavalerie de Pennsylvanie pendant la guerre de Sécession. Presbytérien toute sa vie, il adopte le prémillénarisme, puis le dispensationalisme, en fréquentant les conférences bibliques (Northfield, 1907). Laïc, sans ordination. Aucune appartenance à une loge ou à un cercle n’est documentée.

Vie

Faits documentés. Après des échecs en Pennsylvanie, il s’associe en 1877 avec Wallace Hardison ; leurs intérêts de l’Est sont vendus à la Standard Oil de Rockefeller, et ils partent en Californie. Hardison & Stewart produit vers 1886 environ 15 % du pétrole californien ; en 1890, la fusion avec Thomas Bard et Paul Calonico donne l’Union Oil Company of California (certaines sources datent la fondation de 1883-1884). Stewart en est président, puis président du conseil. Il meurt à Los Angeles le 28 septembre 1923, sept semaines avant son frère Milton.

Ce qu’il a financé

ŒuvreMontantDateSourceNiveau de preuve
Pacific Gospel Mission, Los Angeles (aujourd’hui Union Rescue Mission)inconnu1891Wheaton College, Special Collections ; Wikipedia (Pietsch 2013)Documenté
Bible Institute of Los Angeles (Biola), avec T. C. Horton ; Stewart en est le premier présidentinconnu (dons répétés, essentiellement en actions Union Oil)fondé en février 1908Biola, Biola News (2012) et Biola Magazine (2014) ; archives personnelles de Stewart à BiolaDocumenté
The Fundamentals, 12 volumes, 90 essais, plus de trois millions d’exemplaires gratuits, par la Testimony Publishing Company (éditeurs A. C. Dixon, Louis Meyer, R. A. Torrey)environ 300 000 $ avec Milton, selon plusieurs sources ; 3 000 actions Union Oil vendues pour lancer l’œuvre (montant exact à vérifier)projet de 1909 ; premier envoi le 19 mars 1910 ; 1910-1915Marsden, Fundamentalism and American Culture (1980) ; Biola Magazine, « The Untold Story of The Fundamentals » (2014) ; correspondance des Fundamentals (Biola Digital Commons)Documenté (montant à vérifier)
Scofield Reference Bible1 000 $1908 selon la fiche Scofield ; une page de la Presbyterian Historical Society le place, de façon anachronique, à la conférence de Niagara de 1894Presbyterian Historical Society (« The Presbyterian Beginnings of Fundamentalism », blog PC(USA)) ; Sandeen, The Roots of Fundamentalism (1970), (passage non retrouvé)Allégué par une source institutionnelle secondaire ; date incohérente ; page de Sandeen à vérifier
William Eugene Blackstone et ses missions, par le fonds de Miltonvoir Milton Stewartà partir de 1902 selon BiolaWheaton College, Blackstone Papers (Coll. 540)Documenté (fonds de Milton)
Distribution gratuite de Jesus Is Coming de Blackstone (édition de 1908, Revell)inconnu1908affirmé par plusieurs historiens et par la fiche Blackstone ; aucune source primaire trouvéeÀ vérifier
Toccoa Falls College (Géorgie), Stewart Hall4 500 $1917Historical Marker Database, « Stewart Hall »Documenté
Missions en Chine et ailleurs (avec Milton)inconnuannées 1900-1920Pierson, The Missionary Review of the World (1924)Documenté, détail à vérifier

Allégué : on présente parfois Stewart comme l’agent d’intérêts pétroliers ou politiques qui auraient « acheté » le fondamentalisme. Les historiens (Pietsch 2013, Sutton 2014) décrivent plutôt un mécène convaincu, qui finance ses propres convictions et refuse de bloquer ses dons dans des fondations. Le parallèle avec les frères Koch, tiré de la presse récente, est une comparaison, non un fait.

Non démontré : aucune source ne montre que Stewart ait modifié ou fait modifier le texte biblique, ni dicté les notes de Scofield ; il délègue le contrôle éditorial des Fundamentals à un comité de Chicago, tout en écrivant plus de 450 lettres au cours du projet.

Influence sur la Bible et la doctrine

Fait : The Fundamentals défendent l’inspiration de l’Écriture, la divinité du Christ, les miracles et la résurrection contre la critique libérale ; ils ne portent pas principalement sur la prophétie, et la part dispensationaliste y est minoritaire (à vérifier volume par volume). Scofield y signe un essai. Interprétation : par Biola, The Fundamentals et son soutien à Scofield et Blackstone, Stewart a donné à un réseau précis (Niagara, Moody, Scofield) une diffusion sans commune mesure avec ses seules forces. Voir Financements - documenté et allégué.

Signaux d’alerte

  • 2. Argent opaque : non retenu. The Fundamentals paraissent anonymement (« Compliments of Two Christian Laymen »), mais l’anonymat porte sur le nom du donateur, non sur la nature de l’argent ; l’origine (un industriel presbytérien) est connue des éditeurs et publiée ensuite. Il faut le signaler par honnêteté : les destinataires ne savaient pas qui payait.
  • 7. Pouvoir politique servi : non retenu ; aucun projet d’État documenté.

Aucun signal documenté. Le point qui mérite une enquête est mesurable : la part exacte de l’argent Stewart dans la diffusion de la Bible Scofield et de Jesus Is Coming, à lire dans les papiers Stewart de Biola.

Pourquoi cette note

Critères neutres. Texte : Stewart n’a pas touché au texte. Honnêteté : aucune affaire documentée. Indépendance : il est lui-même le bailleur ; son argent vient d’une entreprise, non d’un intérêt étranger à l’Église. Transparence : mélangée, car l’anonymat des Fundamentals privait les lecteurs de savoir qui finançait l’envoi massif. Son influence sur la transmission est forte mais indirecte (diffusion d’un courant, création d’une école). La doctrine financée n’entre pas dans la note. 3/5.

Voir aussi

Sources

  • B. M. Pietsch, « Lyman Stewart and Early Fundamentalism », Church History 82/3, septembre 2013, p. 617-646.
  • Ernest R. Sandeen, The Roots of Fundamentalism: British and American Millenarianism, 1800-1930, University of Chicago Press, 1970.
  • George M. Marsden, Fundamentalism and American Culture, Oxford University Press, 1980.
  • Timothy E. W. Gloege, Guaranteed Pure: The Moody Bible Institute, Business, and the Making of Modern Evangelicalism, UNC Press, 2015 (contexte des mécènes d’affaires ; passages sur Stewart à vérifier).
  • Matthew Avery Sutton, American Apocalypse, Harvard University Press, 2014.
  • Delavan L. Pierson (auteur à vérifier), « The Stewarts as Christian Stewards », The Missionary Review of the World, 1924.
  • Biola Magazine, « The Untold Story of The Fundamentals », 2014 ; Biola News, « Deeply Rooted: Biola Celebrates 104th Birthday », 2012 ; Biola Digital Commons, The Fundamentals Correspondence.
  • Wheaton College Special Collections, notice sur The Fundamentals et Lyman Stewart (2009).
  • Matthew Wills, « Lyman Stewart: Fundamentalist and Oligarch », JSTOR Daily, 2022.
  • PBS SoCal, Lost LA, « Funding Fundamentalism in Early-1900s Los Angeles ».