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Papyrus Chester Beatty

Les papyrus bibliques acquis par le collectionneur Alfred Chester Beatty et annoncés en 1931 forment un ensemble de onze codex grecs, retrouvés en Égypte.

Critère de la note : fiabilité comme base de traduction, c’est-à-dire soin de la copie, étendue du texte conservé, accord avec les autres témoins anciens. L’ancienneté compte, mais un fragment ne peut pas servir seul de base à une traduction.

En bref

Les papyrus bibliques acquis par le collectionneur Alfred Chester Beatty et annoncés en 1931 forment un ensemble de onze codex grecs, retrouvés en Égypte. Trois concernent le Nouveau Testament : P45 (Évangiles et Actes), P46 (épîtres de Paul, avec Hébreux placé après Romains) et P47 (une partie de l’Apocalypse). Les autres contiennent des livres de la Septante et la fin grecque du Livre d’Hénoch (chapitres 97-107). Ils ont donné aux savants des textes d’un siècle plus anciens que les grands codex.

Histoire

Faits documentés.

  • Les papyrus apparaissent sur le marché des antiquités en Égypte vers 1930 ; la provenance exacte n’est pas connue (on a proposé la région d’Aphroditopolis ou du Fayoum). Alfred Chester Beatty, industriel minier américano-britannique, en achète la plus grande partie ; l’Université du Michigan acquiert des feuillets de P46.
  • 1931 : Frederic G. Kenyon (British Museum) les annonce dans The Times ; il les publie de 1933 à 1958 (The Chester Beatty Biblical Papyri).
  • P46 compte 86 feuillets conservés (sur 104) ; il ne contient pas les épîtres pastorales (1-2 Timothée, Tite), sans doute absentes à l’origine. Kenyon le datait vers 200 ; Young-Kyu Kim a proposé en 1988 une date vers 80, hypothèse peu suivie ; d’autres proposent le IIIe siècle.
  • Les papyrus sont conservés à la Chester Beatty Library de Dublin, qui les a fait photographier en haute définition ; le Center for the Study of New Testament Manuscripts (CSNTM) a numérisé les papyrus du Nouveau Testament.
  • Le papyrus d’Hénoch (Chester Beatty XII, avec des feuillets du Michigan) est publié par Campbell Bonner en 1937.

Fiabilité : arguments

Pour.

  • Témoins très anciens, copiés un ou deux siècles après la rédaction des livres.
  • Ils montrent qu’au IIIe siècle les épîtres de Paul circulaient déjà en recueil, avec Hébreux parmi elles.
  • P47 est, avec le Codex Sinaiticus, un témoin d’un type de texte de l’Apocalypse distinct de celui de l’Alexandrinus et du Codex C.

Réserves.

  • Tous sont fragmentaires : P45 n’a gardé qu’une partie de chaque Évangile, P47 dix chapitres de l’Apocalypse.
  • Les copistes ont fait de nombreuses fautes : le copiste de P46 omet et répète des mots ; celui de P45 abrège et paraphrase volontiers, selon les études de Colwell et Royse.
  • Origine égyptienne : ils renseignent sur le texte lu en Égypte, ce que les défenseurs du texte byzantin soulignent comme une limite géographique.
  • Ils contiennent aussi des leçons byzantines, ce que les défenseurs du texte traditionnel citent comme preuve de l’ancienneté de leçons longtemps jugées tardives (Harry Sturz).

Passages témoins

PassageTraitement
Mt 24:34non conservé (P45 ne garde de Matthieu que des fragments de 20:24-32, 21:13-19 et 25:41-26:39)
Ap 1:1 et 22:10non conservés (P47 couvre 9:10-17:2)
1 Jn 5:7-8non conservé
Mc 16:9-20non conservé
Jn 7:53-8:11non conservé
1 Tm 3:16absent du codex (pas d’épîtres pastorales)
Ap 22:19non conservé
Ac 8:37absent de P45 (cité parmi les témoins qui omettent le verset par Metzger, Textual Commentary, sur Ac 8:37)

Financement

  • Documenté : achats privés d’Alfred Chester Beatty et achats de l’Université du Michigan ; publication par Emery Walker (Londres) ; numérisation par la Chester Beatty et le CSNTM.
  • Allégué : aucune allégation sérieuse.
  • Non démontré : sans objet.

Pourquoi cette note

Trois étoiles : des témoins précieux pour l’histoire du texte, mais fragmentaires et copiés avec des fautes nombreuses. Ils servent à juger des leçons, non de base continue à une traduction.

Voir aussi

Sources

  • Frederic G. Kenyon, The Chester Beatty Biblical Papyri: Descriptions and Texts of Twelve Manuscripts on Papyrus of the Greek Bible, 8 fasc., Londres, Emery Walker, 1933-1958.
  • Henry A. Sanders, A Third-Century Papyrus Codex of the Epistles of Paul, Ann Arbor, University of Michigan Press, 1935.
  • Campbell Bonner, The Last Chapters of Enoch in Greek, Londres, Christophers, 1937.
  • Günther Zuntz, The Text of the Epistles: A Disquisition upon the Corpus Paulinum, Londres, British Academy, 1953.
  • Young-Kyu Kim, « Palaeographical Dating of P46 to the Later First Century », Biblica 69, 1988.
  • James R. Royse, Scribal Habits in Early Greek New Testament Papyri, Leyde, Brill, 2008.
  • Ernest C. Colwell, « Method in Evaluating Scribal Habits: A Study of P45, P66, P75 », dans Studies in Methodology in Textual Criticism of the New Testament, Leyde, Brill, 1969.
  • Harry A. Sturz, The Byzantine Text-Type and New Testament Textual Criticism, Nashville, Nelson, 1984.
  • Chester Beatty, Dublin, chesterbeatty.ie (collections en ligne) ; CSNTM, csntm.org (images de P45, P46, P47).
  • Philip W. Comfort et David P. Barrett, The Text of the Earliest New Testament Greek Manuscripts, Wheaton, Tyndale House, 2001.