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R. C. Sproul

Théologien réformé américain, fondateur de Ligonier ; dans The Last Days According to Jesus (1998), il défend un prétérisme partiel : la venue en jugement de Mt 24 a eu lieu en 70, mais la résurrection finale reste à venir.

En bref

R. C. Sproul est l’un des théologiens réformés américains les plus connus de la fin du XXe siècle, fondateur de Ligonier Ministries. Dans The Last Days According to Jesus (1998), il défend un prétérisme « modéré » : le discours sur le mont des Oliviers et une grande partie de l’Apocalypse se sont accomplis autour de 70, mais la résurrection finale et la consommation restent à venir. Sa notoriété a donné au prétérisme partiel une large audience chez les évangéliques réformés.

Parcours

  • Né le 13 février 1939 à Pittsburgh, mort le 14 décembre 2017 à Altamonte Springs (Floride).
  • B.A., Westminster College (Pennsylvanie), 1961 ; M.Div., Pittsburgh Theological Seminary, 1964 ; Drs. (doctorandus), Vrije Universiteit Amsterdam, 1969 ; Ph.D., Whitefield Theological Seminary, 2001. Whitefield (Lakeland, Floride) est un séminaire réformé non accrédité, surtout à distance.
  • Pasteur ordonné dans l’United Presbyterian Church in the USA (1965-1975), puis dans la Presbyterian Church in America (1975-2017).
  • Fondateur et premier président de Ligonier Ministries (émission Renewing Your Mind) ; co-pasteur de Saint Andrew’s Chapel à Sanford (Floride).

Position eschatologique

  • École : partiel (« modéré » dans son propre vocabulaire ; il ne distingue que deux prétérismes, modéré et radical).
  • Parousie : il admet une venue du Christ en jugement en 70, sans y voir la parousie finale.
  • Résurrection : future ; il voit dans le traitement de la résurrection finale le défaut fatal du prétérisme complet (cité par Mayhue).
  • Jugement : jugement de Jérusalem en 70 ; jugement final à venir.
  • Millénium (Ap 20) : deux lectures. Selon Rick Quinn (Kerux 14/2, 1999), Sproul rattache surtout le prétérisme au postmillénarisme. Selon Trube, il ne prend pas position.
  • Date de l’Apocalypse : il discute la question (p. 131-149) et semble suivre Kenneth Gentry pour une date avant 70, selon ses critiques.
  • Ce qui le distingue : il fait du prétérisme une défense de l’inerrance face aux sceptiques (Bertrand Russell, Albert Schweitzer) qui accusent Jésus de s’être trompé sur le temps de sa venue.

Ouvrages principaux

  • The Last Days According to Jesus: When Did Jesus Say He Would Return? (Baker, 1998 ; rééd. 2015) : examine Mt 10:23, 16:28 et 24:34 et la date de l’Apocalypse.
  • Préface de la réédition de The Parousia de J. Stuart Russell chez Baker (1999) : une erreur de Jésus sur sa venue serait fatale au christianisme historique.

Arguments caractéristiques

  • Les indications de temps des Évangiles (Mt 10:23 ; 16:28 ; 24:34) visent la génération des disciples.
  • La critique libérale accepte que Jésus ait bien prédit la chute de Jérusalem mais dit qu’il s’est trompé sur sa venue, annoncée dans le même contexte ; le prétérisme répond à cette objection.
  • Il cite souvent Russell, tout en refusant sa conclusion sur la résurrection.

Débats et critiques

  • Richard L. Mayhue (The Master’s Seminary Journal, 2003, d’après une communication à l’ETS en 1999) : les trois textes de Matthieu ont de meilleures interprétations que l’an 70, la date tardive de l’Apocalypse (milieu des années 90) l’emporte, et répondre aux sceptiques n’est pas une manière de valider un système eschatologique ; Jésus était « futuriste ».
  • Autres comptes rendus cités par Mayhue : Rick Quinn (Kerux 14/2, 1999), Robert P. Lightner (Bibliotheca Sacra, 1999), Mike Stallard (Conservative Theological Journal, 2002).
  • Des prétéristes complets lui reprochent de ne pas aller au bout de la logique des indications de temps ; ce point reste à documenter par une source précise.

À vérifier

  • Sa position sur le millénium (Ap 20) : les lectures de Quinn et de Trube divergent ; à trancher dans le livre.
  • Sa conclusion exacte sur la date de l’Apocalypse.
  • Débats publics éventuels avec des prétéristes complets.

Voir aussi

Sources