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Revelation: Four Views

Commentaire parallèle qui expose côte à côte, passage par passage, les lectures historiciste, prétériste, futuriste et spirituelle de l'Apocalypse, sans prendre parti ; ouvrage de référence pour comparer les écoles.

En bref

Revelation: Four Views n’est pas un livre prétériste : c’est un commentaire « parallèle » qui place côte à côte, pour chaque passage de l’Apocalypse, quatre lectures : historiciste, prétériste, futuriste et « spirituelle » (que d’autres appellent idéaliste). Steve Gregg, lui-même prétériste partiel et amillénariste, s’y efface : il compile et résume les meilleurs commentateurs de chaque école. Le livre compte dans le débat parce qu’il donne à la lecture prétériste la même place qu’aux autres, devant un public évangélique largement futuriste, et parce qu’il est devenu un outil courant pour comparer les écoles. Il a été finaliste du Gold Medallion de l’ECPA en 1998.

Éditions

  • 1997 : Nashville, Thomas Nelson, relié ; xvi + 528 p. (compte rendu d’Edwin Reynolds ; notice de bibliothèque).
  • 2013 : « Revised and Updated », Thomas Nelson (aujourd’hui fiche chez Zondervan Academic, même groupe), broché, ISBN 9781401676216 ; 606 p. selon les catalogues, 608 selon l’éditeur ; avant-propos de Robert G. Clouse (notices de bibliothèque). Paru le 6 juin 2013 selon l’éditeur.
  • Une édition numérique est vendue par Logos/Verbum ; une notice Goodreads signale une édition Kindle de 2020 (442 p.), peut-être un autre format.
  • Pas de texte libre. Ce qui a changé en 2013 n’est décrit par aucune source trouvée.

Plan

D’après la table des matières diffusée par Exodus Books (édition de 1997 d’après sa pagination ; à confirmer) :

  • Avant-propos ; introduction au commentaire ; introduction à l’Apocalypse ; bibliographie choisie des ouvrages et auteurs cités souvent.
  • Partie I : les sept lettres (Ap 1-3)
  • Partie II : le livre aux sept sceaux (Ap 4-7)
  • Partie III : les sept trompettes (Ap 8-10)
  • Partie IV : les 1 260 jours (Ap 11-13)
  • Partie V : les sept dernières plaies (Ap 14-16)
  • Partie VI : la grande Babylone (Ap 17-19)
  • Partie VII : le millénium (Ap 20)
  • Partie VIII : la nouvelle création (Ap 21-22)
  • Index des Écritures ; index des sujets et des auteurs.

La présentation en colonnes (Reynolds) :

  • Ap 1-3 : pas de colonnes, parce que, dit Gregg, les exégètes n’ont pas quatre opinions distinctes sur les sept lettres, même si certains passages se prêtent mieux à l’une ou l’autre lecture (p. 5).
  • Ap 4-19 : quatre colonnes parallèles, historiciste, prétériste, futuriste, spirituelle.
  • Ap 20-22 : trois colonnes, selon les positions sur le millénium (prémillénariste, amillénariste, postmillénariste), parce que le débat porte là sur le millénium plus que sur les quatre approches.
  • Chaque partie s’ouvre sur un résumé des quatre lectures de la section ; puis le texte est commenté quelques versets à la fois, avec le résumé de Gregg et des citations des commentateurs.

Thèse et arguments

Le livre ne défend pas de thèse sur l’Apocalypse. Gregg dit en introduction qu’il n’a pas cherché à faire prévaloir une position ; en ses mots : « My object has not been to advocate any position above another » (p. 4, cité par Reynolds). Il ajoute que ses propres opinions ont changé plusieurs fois.

  • Origine. Enseignant l’Apocalypse à la Great Commission School, Gregg dit avoir d’abord tenu une seule lecture, puis reconnu les forces de chacune ; cherchant à présenter à ses étudiants les meilleurs arguments des quatre approches qu’il juge « crédibles » (p. 1), il a constaté que les commentaires d’une même école se recoupaient beaucoup et qu’aucun ouvrage ne comparait les quatre passage par passage (Reynolds).
  • Les quatre lectures. L’introduction présente chaque approche, explique pourquoi il retient ces quatre-là et comment il a classé des commentateurs qui ne rentrent pas tous nettement dans un camp (Reynolds). En bref, selon les définitions usuelles (non vérifiées dans le texte de Gregg) : l’historiciste lit l’Apocalypse comme l’histoire de l’Église jusqu’à la fin ; le prétériste, comme l’annonce d’événements du premier siècle (chute de Jérusalem, Rome) ; le futuriste, à partir d’Ap 4, comme des événements encore à venir ; le spirituel, comme une représentation symbolique du combat entre le bien et le mal, sans calendrier précis.
  • Les sources de chaque colonne. La bibliographie choisie (p. 6-8) compte soixante-trois titres : dix classés prétéristes, cinq « prétériste à date tardive / spirituel », huit historicistes, dix spirituels, treize futuristes, et dix-sept non classés (Reynolds). La liste nominative des commentateurs de chaque colonne n’a pas été vérifiée ici.
  • La colonne prétériste fait de l’Apocalypse un livre écrit pour ses premiers lecteurs, sur des événements proches (Ap 1:1-3 ; voir Apocalypse 1.1-3). La catégorie bibliographique « prétériste à date tardive / spirituel » montre que Gregg range à part des auteurs qui datent le livre après 70 ; aucune source consultée ne dit comment il les traite dans les colonnes (voir Date de l’Apocalypse). Une présentation du livre parue dans Plain Truth (mars-avril 2003) distingue deux sortes de prétéristes : l’une, « theologically liberal », date le livre vers 95 ; l’autre, « theologically conservative », avant 70.

Gregg lui-même tient que les termes de proximité visent le premier siècle (selon Geisler) ; Reynolds note qu’un lecteur attentif peut deviner ses préférences à la manière dont il analyse les quatre approches, mais que l’ensemble reste aussi impartial qu’on peut l’attendre.

Réception

  • Prix : finaliste du Gold Medallion Book Award de l’ECPA en 1998 (Zondervan Academic).
  • Edwin Reynolds (Asia Adventist Seminary Studies 3/1, 2000, p. 160-162) : il loue l’équité remarquable du livre et le recommande aux étudiants, pasteurs et enseignants qui veulent comprendre d’autres lectures que la leur, non à ceux qui cherchent des réponses toutes faites. Critique : l’historicisme, plus divers, est représenté par moins d’auteurs que les autres approches, et l’historicisme adventiste n’est cité que deux fois (p. 104, 280), sans ses interprétations propres ; il y voit un biais, peut-être involontaire.
  • Comparaison : un recenseur du recueil de C. Marvin Pate, Four Views on the Book of Revelation (Zondervan, 1998), où Kenneth L. Gentry tient la position prétériste, juge le livre de Gregg plus complet, plus objectif et plus lisible, mais beaucoup plus long (blogue de Gentry, 2011). Les deux livres sont souvent confondus ; c’est celui de Pate, non celui de Gregg, que listent les plans de cours trouvés (New Orleans Baptist Theological Seminary, 2015 et 2017).
  • Usage dans les cours : l’éditeur le présente pour les laïcs, les pasteurs et les chercheurs, et le propose comme exemplaire d’examen aux enseignants ; Gregg l’enseigne lui-même dans ses conférences sur l’Apocalypse (The Narrow Path). Aucun plan de cours qui l’impose n’a été trouvé.
  • Dans le débat prétériste : le livre est le principal titre de Gregg cité dans les fiches de ce recueil ; il le rend visible comme prétériste partiel « hors reconstructionnisme » (voir Prétérisme partiel). Gregg a ensuite défendu Hank Hanegraaff (voir The Apocalypse Code) et réfuté le prétérisme complet dans Why Not Full-Preterism? (vers 2022).

Ce qu’on en sait et comment

Le livre n’a pas été lu. On connaît sa table des matières (Exodus Books), ses notices d’éditeur et de bibliothèque, et un compte rendu savant détaillé (Reynolds, 2000), lu en entier par OCR de l’article numérisé. Les pages citées (1, 4, 5, 6-8, 34, 104, 280) viennent de ce compte rendu et valent pour l’édition de 1997. Rien n’a été trouvé sur les changements de 2013.

À vérifier

  • La liste nominative des commentateurs de chaque colonne (bibliographie, p. 6-8).
  • Ce qui a changé dans l’édition de 2013 (bibliographie mise à jour ? nouvelle introduction ?) ; l’avant-propos de 1997 (auteur), celui de 2013 étant attribué à Robert G. Clouse.
  • La place que Gregg donne, dans la colonne prétériste, aux auteurs « prétériste à date tardive / spirituel » de sa bibliographie.
  • Si la table des matières d’Exodus Books est celle de 1997 ou de 2013.
  • Des comptes rendus dans les revues évangéliques (JETS, Bibliotheca Sacra, Themelios) : aucun trouvé.
  • Un usage documenté comme manuel dans des séminaires.

Voir aussi

Sources