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1 Thessaloniciens 4:13-18

Paul console les Thessaloniciens au sujet de leurs morts : à la venue du Seigneur, les morts en Christ ressusciteront d'abord, puis « nous les vivants » serons enlevés à sa rencontre. Le débat porte sur le « nous » (Paul attendait-il d'être vivant ?), sur le sens de parousia et d'apantēsis, et sur la nature de l'« enlèvement » : physique et futur (futuristes, partiels), physique en 70 (Stevens, Russell), ou d'alliance et spirituel en 70 (Preston, King).

Le texte

13 Nous ne voulons pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance au sujet de ceux qui dorment, afin que vous ne vous affligiez pas comme les autres qui n’ont point d’espérance. 14 Car, si nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts. 15 Voici, en effet, ce que nous vous déclarons d’après la parole du Seigneur: nous les vivants, restés pour l’avènement du Seigneur, nous ne devancerons pas ceux qui sont morts. 16 Car le Seigneur lui-même, à un signal donné, à la voix d’un archange, et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts en Christ ressusciteront premièrement. 17 Ensuite, nous les vivants, qui serons restés, nous serons tous ensemble enlevés avec eux sur des nuées, à la rencontre du Seigneur dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur. 18 Consolez-vous donc les uns les autres par ces paroles.

(Louis Segond 1910, texte contrôlé sur Wikisource, transcription de l’édition de 1910, et sur eBible. Au v. 17, l’édition de 1910 porte « qui serons restés » ; BibleGateway et info-bible.org écrivent « seront ».)

Les mots qui décident

  • « Nous les vivants, restés » (hēmeis hoi zōntes hoi perileipomenoi, v. 15 et 17) : deux participes présents précédés de l’article. Toute la question est de savoir si ce « nous » désigne Paul et ses lecteurs (qui seraient donc vivants à la venue) ou une catégorie, « ceux des croyants qui seront alors en vie », dans laquelle Paul se range sans prédire la date. Perileipomai (« rester, survivre ») ne se trouve dans le Nouveau Testament qu’en ces deux versets.
  • Parousia (« avènement », v. 15) : au sens courant, « présence » ou « arrivée ». Paul l’emploie pour des hommes : « Je me réjouis de la présence de Stéphanas, de Fortunatus et d’Achaïcus » (1 Co 16:17) ; « Dieu… nous a consolés par l’arrivée de Tite » (2 Co 7:6). Dans la même lettre, pour le Seigneur : « devant notre Seigneur Jésus, lors de son avènement » (1 Th 2:19) ; « lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints » (1 Th 3:13). Le mot revient en Mt 24:3, 27, 37, 39, ce qui nourrit le rapprochement avec le discours sur le mont des Oliviers.
  • Apantēsis (« à la rencontre », v. 17, dans l’expression eis apantēsin) : Strong (G529) donne « rencontre » ; Thayer note que eis apantēsin, « aller au-devant de quelqu’un », se lit chez Polybe et Diodore et rend très souvent l’hébreu liqra’t dans la Septante. Le Nouveau Testament ne l’a qu’en trois endroits (Mt 25:1 selon certains manuscrits) : « Voici l’époux, allez à sa rencontre ! » (Mt 25:6) ; « De Rome vinrent à notre rencontre, jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois Tavernes, les frères » (Ac 28:15) ; et 1 Th 4:17. Dans les deux autres cas, ceux qui sortent à la rencontre reviennent avec celui qu’ils accueillent.
    • Le débat savant : Erik Peterson (article apantēsis du Theological Dictionary of the New Testament, vol. I, 1964, p. 380-381, d’après une étude de 1930) a fait du mot un terme presque technique pour l’accueil officiel d’un dignitaire par une cité, qui sort au-devant de lui et le raccompagne. Michael R. Cosby (« Hellenistic Formal Receptions and Paul’s Use of ΑΠΑΝΤΗΣΙΣ in 1 Thessalonians 4:17 », Bulletin for Biblical Research 4, 1994, p. 15-33) le conteste : le mot n’est pas technique et les traits principaux de ces réceptions manquent dans le passage. Robert H. Gundry (BBR 6, 1996, p. 39-41) lui répond que les parallèles sont plus étroits que Cosby ne l’admet. L’enjeu : si le mot implique un retour avec le Seigneur, la rencontre « dans les airs » mène vers la terre (lecture de Gundry, posttribulationniste, The Church and the Tribulation, 1973, p. 104, cité par Ice), non vers le ciel (lecture prétribulationniste).
  • Harpazō (« enlevés », v. 17) : « saisir, emporter de force » (Strong G726) ; pour Thayer, dit de la puissance divine qui transporte quelqu’un d’un lieu à un autre, avec Ac 8:39 (« l’Esprit du Seigneur enleva Philippe »), 2 Co 12:2, 4 (« ravi jusqu’au troisième ciel… enlevé dans le paradis ») et 1 Th 4:17. Le même verbe sert pour Jn 10:28 (« personne ne les ravira de ma main ») et Ap 12:5. Le mot « enlèvement » (rapture) vient du latin rapiemur de la Vulgate.
  • « Sur des nuées… dans les airs » (en nephelais… eis aera) : les nuées sont, dans l’Ancien Testament, le décor des venues de Dieu (Ex 19:16 : « une épaisse nuée sur la montagne ; le son de la trompette retentit fortement » ; Dn 7:13 : « sur les nuées des cieux arriva quelqu’un de semblable à un fils de l’homme »). Pour les prétéristes, ce langage est celui des jugements historiques ; pour les futuristes et les partiels, il décrit ici une scène physique.

Contexte

  • La lettre : écrite à une Église fondée peu avant (Ac 17:1-10), d’ordinaire datée vers 50-51, de Corinthe. Les Thessaloniciens s’affligent pour des frères morts : auront-ils part à la venue du Seigneur ? Paul répond que les morts « ressusciteront premièrement » et que les vivants ne les « devanceront » pas.
  • La suite immédiate (1 Th 5:1-11) : « Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive. Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit » (5:1-2). Le thème du voleur, des douleurs de l’enfantement (5:3) et de la veille (5:6) recoupe Mt 24:42-44.
  • 2 Thessaloniciens : « lorsque le Seigneur Jésus apparaîtra du ciel avec les anges de sa puissance, au milieu d’une flamme de feu, pour punir ceux qui ne connaissent pas Dieu » (2 Th 1:7-8) ; puis « Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec lui… ne pas vous laisser troubler… comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché » (2 Th 2:1-3). Le mot traduit « réunion » (episynagōgē) est de la famille du verbe de Mt 24:31 (« ils rassembleront ses élus »).
  • Parallèles invoqués : Mt 24:30-31 (« le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel… Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus ») ; 1 Co 15:51-52 (« nous ne mourrons pas tous, mais tous nous serons changés… à la dernière trompette ») ; Jn 14:3 (« je reviendrai, et je vous prendrai avec moi ») ; Mt 25:6 (l’époux). Voir 1 Corinthiens 15 et Matthieu 24.34.

Lecture prétériste partielle

Les prétéristes partiels placent en 70 la venue en jugement de Mt 24:4-34, mais gardent 1 Th 4 pour la venue finale, corporelle et publique, qui clôt l’histoire.

  • Kenneth L. Gentry (« Rapture in 1 Thessalonians 4? », blogue Postmillennial Worldview, 10 octobre 2017) : le texte ne décrit pas un enlèvement secret mais la seconde venue visible et glorieuse qui conclut l’histoire ; il l’appelle l’un des versets « les plus bruyants » de l’Écriture (cri, archange, trompette). Dans « 1 Thess. 4 and the Olivet Discourse » (28 février 2023), il admet que Paul emprunte les images du discours des Oliviers, mais tient que les deux événements sont liés « conceptuellement, non historiquement » : une ressemblance d’images n’est pas une identité d’événement ; l’an 70 n’est qu’une préfiguration lointaine du jugement final.
  • Jason L. Bradfield (« “We Who Are Alive” Is Not a Time Text », Postmillennial Worldview, 14 avril 2026, présenté par Gentry ; Gentry le dit ancien prétériste complet de premier plan) : les participes articulés désignent une catégorie (les croyants vivants au moment de la venue), non les contemporains de Paul. Il ajoute que 1 Th 5:1-2 exclut un calendrier (le voleur) et que « des temps et des moments » (1 Th 5:1) reprennent les mots de Jésus en Ac 1:7. Il vise nommément Gary DeMar et Kim Burgess, qui liraient le v. 15 comme une indication de temps.
  • Keith A. Mathison, Postmillennialism: An Eschatology of Hope (P&R, 1999) : d’après la table des matières, l’annexe 2 est consacrée à 1 et 2 Thessaloniciens et l’annexe 3 à une brève critique du prétérisme complet ; il tient la résurrection et la seconde venue pour futures. Le contenu de ces annexes n’a pas été lu ici.
  • R. C. Sproul, The Last Days According to Jesus (Baker, 1998) : il lit les textes de temps des Évangiles en 70, mais refuse d’y mettre la résurrection finale ; la question de la résurrection est, pour lui, le point faible du prétérisme complet (d’après Mayhue, 2003).

Lecture prétériste complète

Pour les prétéristes complets, la venue de 1 Th 4 est la même que celle de Mt 24, annoncée pour « cette génération » ; le « nous les vivants » confirme que Paul l’attendait de son vivant. Mais ils se divisent sur ce qui est arrivé aux vivants en 70.

  • Lecture d’alliance, sans enlèvement physique. Don K. Preston, We Shall Meet Him In The Air: The Wedding of the King of kings (2010, environ 450 pages), présenté par l’éditeur comme le premier commentaire prétériste complet de ce passage : la venue est accomplie au premier siècle, sous l’image des noces du Roi (Mt 25:6, où l’on sort « à la rencontre » de l’époux) ; le livre discute N. T. Wright et Scot McKnight. Dans son débat écrit avec Ed Stevens (proposition de Preston, 10 octobre 2018), il soutient que la parousie de 1 Th 4:13-18 fut « le retour de Dieu vers l’homme » pour habiter avec lui, et non le retrait des saints vivants de la terre : ce qui était perdu en Adam est la communion entre Dieu et l’homme, non la présence sur terre ; le « rassemblement » (harpazō, Mt 24:31 ; 25:32) est un rassemblement d’alliance, sinon toutes les nations auraient dû être physiquement rassemblées en 70.
  • Max R. King et la Covenant Eschatology : la résurrection est celle du « corps » collectif, l’Église sortant de l’ancienne alliance ; 1 Th 4 est lu dans ce cadre (voir 1 Corinthiens 15).
  • Michael J. Sullivan, The Rapture: Always Near or Already Fulfilled? : l’« enlèvement » est accompli au premier siècle ; il critique l’enlèvement dispensationaliste et applique à 1 Th 4 les textes de temps (« proche », « cette génération »).
  • Kurt Simmons : l’« enlèvement » est un processus (« The Rapture: The Process View », Fulfilled!, 2008), non un enlèvement physique ; il tient par ailleurs une résurrection individuelle des morts de l’Hadès.
  • Enlèvement physique en 70. Ed Stevens, Expectations Demand a First Century Rapture (IPA, 158 p. ; souvent daté de 2003) : avec une analyse grammaticale de 1 Th 4:13-17, il défend un enlèvement littéral de tous les vrais chrétiens vivants à la parousie de 70 ; les attentes du « nous les vivants » l’exigent, et le silence relatif des sources chrétiennes après 70 en serait un indice. Brad M. Baker défend la même vue (IBV-R) et avance, comme hypothèse, un lien avec les voix entendues au Temple selon Josèphe. Avant eux, J. Stuart Russell (The Parousia, 1878 ; 2e éd. 1887) plaçait l’enlèvement des saints vivants au premier siècle et voyait dans le silence des sources sur l’Église de cette période un indice de cet enlèvement.

Autres lectures

  • Futuriste prétribulationniste (dont dispensationaliste) : 1 Th 4:13-18 décrit l’enlèvement de l’Église, distinct de la venue en gloire sur la terre et antérieur à sept ans de tribulation. Thomas Ice (« The Meeting in the Sky », Pre-Trib Research Center, page datée du 18 juillet 2018) conteste que apantēsis impose un retour immédiat vers la terre : ni Peterson ni Moulton et Milligan (The Vocabulary of the Greek Testament, 1930, p. 53) n’en font une règle, et F. F. Bruce (1 & 2 Thessalonians, WBC 45, 1982, p. 102-103) dit que rien dans le mot ne l’exige ; la direction se tire de Jn 14:1-3 (le Seigneur emmène les siens dans la maison du Père), et le retour sur terre vient « plus de sept ans » après. Ice cite aussi le Tim LaHaye Prophecy Study Bible (AMG, 2000, p. 1151). John F. Walvoord a consacré au passage « The Comforting Hope of 1 Thessalonians 4 » (Bibliotheca Sacra 133, 1976, série « Posttribulationism Today ») ; Gentry cite son Prophecy Knowledge Handbook (p. 481, 484) pour rappeler que le but du texte est la consolation. Kevin Zuber (Pre-Trib Research Center) traite aussi d’apantēsis (« accueillir le dignitaire ou chercher l’épouse ? »).
  • Futuriste posttribulationniste : la rencontre dans les airs est l’accueil du Seigneur qui descend, puis le retour avec lui sur la terre (Gundry, 1973 ; Cosby, tout en contestant le sens technique, ne sépare pas non plus l’enlèvement de la venue).
  • Historiciste : Albert Barnes (Notes on the New Testament, sur 1 Th 4), historiciste pour l’Apocalypse, lit ici la venue future du Christ au jugement. Sur le v. 15, il refuse que Paul ait voulu dire qu’il serait encore vivant : les Thessaloniciens l’avaient compris ainsi, et Paul corrige cette attente en 2 Th 2. Sur le v. 17, il voit les saints réunis « dans les airs », où se tiendrait le jugement, sans que l’Écriture dise combien de temps ils y restent.
  • Amillénariste : une seule venue future, avec une seule résurrection générale (Jn 5:28-29) ; 1 Th 4 et 1 Co 15:51-52 décrivent le même moment. Anthony A. Hoekema, The Bible and the Future (Eerdmans, 1979), chapitre sur la résurrection du corps, conteste les schémas à deux résurrections séparées ; son commentaire de 1 Th 4 lui-même n’a pas été lu ici (le livre n’est pas consultable en ligne).
  • Lecture « holistique » : J. Richard Middleton (blogue, « What About the Rapture in 1 Thess 4? », 14 octobre 2014) lit parousia et apantēsis sur le modèle de la visite impériale : les croyants sortent accueillir le Seigneur et l’escortent vers la terre renouvelée ; il note qu’un événement annoncé à grand bruit cadre mal avec un enlèvement secret.
  • Idéaliste : aucune lecture idéaliste propre de ce passage n’a été trouvée dans les sources consultées.

Objections et réponses

  • « Nous les vivants » prouve que Paul attendait la venue de son vivant (prétéristes complets ; Russell ; Stevens ; DeMar et Burgess selon Bradfield) :
    • Réponse partielle et futuriste : le « nous » est une catégorie et non une prédiction (Bradfield, 2026) ; Paul se range aussi parmi ceux qui seront ressuscités (« Dieu… nous ressuscitera aussi par sa puissance », 1 Co 6:14) et envisage sa mort (« j’ai le désir de m’en aller et d’être avec Christ », Ph 1:23) ; 1 Th 5:1-2 refuse toute date ; Barnes y voit l’attente des Thessaloniciens, que Paul corrige en 2 Th 2.
    • Réplique prétériste complète : le même Paul dit « le temps est court » (1 Co 7:29) et « nous qui sommes parvenus à la fin des siècles » (1 Co 10:11) ; les textes de temps du Nouveau Testament vont tous dans le même sens (Sullivan). Un commentateur répond à Bradfield qu’une attente pour la génération présente était connue de tous (commentaire de lecteur, sans valeur de source savante).
  • Un événement aussi public n’a laissé aucune trace en 70 (critique courante des partiels et futuristes contre toute lecture prétériste complète) :
    • Réponse de Stevens : l’absence de trace est justement l’indice ; la disparition des grands noms chrétiens des sources après 70 s’expliquerait par l’enlèvement.
    • Réponse de Preston (contre Stevens, débat de 2018) : il n’y a pas eu de retrait physique ; l’événement est d’alliance, il ne pouvait donc pas laisser de trace physique.
    • Contre Stevens, côté partiel : l’Église n’a pas disparu après 70 ; Clément de Rome (1 Clément 24-26) et Polycarpe (Aux Philippiens 7:1) enseignent encore une résurrection future et condamnent ceux qui la nient (voir « Ce que montrent les sources »).
  • Si la venue de 1 Th 4 est spirituelle, que reste-t-il de la consolation donnée pour des morts réels ? (Gentry, 2017 : le texte est une consolation sur des proches décédés) :
    • Réponse prétériste complète : les morts en Christ sortent de l’Hadès à la parousie de 70 (lecture individuelle de Kurt Simmons) ; ou bien les vivants et les morts entrent ensemble dans la pleine communion avec Dieu (Preston).
  • La « rencontre » ramène vers la terre, non vers le ciel (Gundry, Middleton, d’après le sens d’apantēsis) contre la lecture prétribulationniste :
    • Réponse prétribulationniste (Ice, 2018) : le mot n’est pas technique (Cosby), et Jn 14:3 donne la direction.
  • Critique de l’intérieur par un ancien prétériste complet. Sam Frost, après avoir quitté le prétérisme complet en 2010 (Why I Left Full Preterism, American Vision ; rééd. Victorious Hope, 2019), défend une résurrection corporelle future des croyants et répond à Preston dans une série vidéo en quinze parties sur la résurrection (liste sur vidaeterna.org) ; son argument central est christologique : si le corps ressuscité du Christ demeure, la résurrection des siens est elle aussi corporelle. Son traitement propre de 1 Th 4:13-18 n’a pas été trouvé (voir « À vérifier »).

Ce que montrent les sources

  • Josèphe, Guerre des Juifs VI, 5, 3 (§ 288-300) : présages avant la chute du Temple ; à la Pentecôte, les prêtres entendent dans le Temple un bruit et des voix disant « Partons d’ici » (§ 299-300). Tacite, Histoires V, 13 rapporte des signes semblables : les portes du sanctuaire s’ouvrent d’elles-mêmes et une voix surhumaine annonce le départ des dieux. Ces textes montrent qu’on racontait, à Jérusalem et à Rome, des prodiges liés à la chute du Temple. Ils ne parlent ni de chrétiens, ni de disparition de personnes ; le lien avec un enlèvement (Baker) est une hypothèse.
  • Eusèbe, Histoire ecclésiastique III, 5, 3 : avant la guerre, l’Église de Jérusalem, avertie par un oracle, quitte la ville pour Pella, en Pérée. Cela montre une communauté chrétienne qui survit à 70 ; cela ne dit rien d’un enlèvement.
  • Pères apostoliques : 1 Clément 24-26 (fin du Ier siècle selon la datation courante) argumente pour une résurrection future (image du phénix au ch. 25) ; Polycarpe, Aux Philippiens 7:1, traite de « premier-né de Satan » celui qui dit qu’il n’y a ni résurrection ni jugement. Ces textes montrent que des chrétiens d’après 70 attendaient encore la résurrection ; les prétéristes complets répondent que ces auteurs ont mal compris l’accomplissement, ou qu’ils ne sont pas inspirés. Charles E. Hill traite de cette question dans When Shall These Things Be? (dir. Mathison, P&R, 2004, ch. 2, « Eschatology in the Wake of Jerusalem’s Fall »).
  • Le silence des sources sur les apôtres après 70, invoqué par Russell et Stevens, est un argument tiré d’une absence : il montre que les sources sont rares, non ce qui est arrivé.

À vérifier

  • Le traitement de 1 Th 4:13-18 par Sam Frost après 2010 (série vidéo, blogue Vigilate et Orate, vigil.blog) et, avant 2010, dans Exegetical Essays on the Resurrection of the Dead.
  • Le contenu exact de l’annexe 2 (« 1 and 2 Thessalonians ») de Mathison, Postmillennialism (1999), et de son annexe 3 contre le prétérisme complet.
  • Ce que Sproul écrit précisément sur 1 Th 4 (s’il le traite) dans The Last Days According to Jesus.
  • L’argument détaillé de Preston sur apantēsis et sur les noces dans We Shall Meet Him In The Air (le résumé vient de la notice de l’éditeur et du débat de 2018).
  • L’année exacte d’Expectations Demand a First Century Rapture (2003 selon la fiche de Stevens ; la page de l’éditeur ne la donne pas).
  • Le titre exact et la date de l’article de Kevin Zuber sur apantēsis.
  • La lecture de J. Dwight Pentecost (Things to Come, 1958) et de Tim LaHaye sur ce passage : non consultées ici.
  • Le traitement d’Hoekema (chapitre et pages) ; un auteur idéaliste qui commente ce passage.
  • Le mot grec de la Septante en Ex 19:17 (« à la rencontre de Dieu ») : synantēsis ou apantēsis ; ne pas l’invoquer avant vérification.
  • Réglé le 2026-10-28 : v. 17, « qui serons restés » d’après Wikisource (édition de 1910) et eBible ; « seront » chez BibleGateway et info-bible.org est une coquille.

Voir aussi

Sources